samedi 25 juillet 2009

Caché dans mon arbre, je lance des pommes au loin.

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July 2009.
Harbin, Heilongjiang 黑龙江 Province, China
你就回来嘛,老外。。。


Barricadé derrière deux boucliers virtuels, je suis enfin en mesure - mais je ne sais pour combien de temps - d'accéder à ce blog et d'envoyer des nouvelles depuis l'Empire du Milieu.
Me revoilà donc, un an plus tard, sur les bords de l'Amour, aux confins sino-russes. La ville de Heihe s'est étendue en l'espace de quelques mois sur de nouveaus espaces et les projets de centres commerciaux, de ponts et de passerelles poussent comme des champignons. Je n'ai guère le temps d'apprécier mon terrain. Je voudrais déjà être ailleurs. Il me semble que c'est une injustice de me plaindre mais quand je sais ce qui m'attend de l'autre côté de la Mer jaune, je suis impatient et cette obligation universitaire, pour importante qu'elle soit, n'en finit plus de m'ennuyer.
De passage à Harbin, je suis retourné dans cette petite pension de famille tenue par des Coréens. C'est vraiment très étrange de constater que la ville d'Harbin, qui m'avait paru si grande l'an passé, me semble aujourd'hui tenir dans un mouchoir de poche. Je connais à présent le moindre recoin des ruelles du centre et le reste n'est que résidentiel. Je suppose que c'est la faute à mes déambulations photographique de l'an dernier : je me souviens de chaque couloirs des immeubles du quartier historique pour y avoir traqué avec mon objectif l'ombre d'un passant, les silhouettes d'enfants jouant à la marelle ou encore un vieil homme en train de ronfler.
Je n'ai pratiquement pas fait de photos pour moi cette fois. Toutes sont pour ce Master 2 que je dois boucler en très peu de temps. Je suis à peu près sûr que c'est faisable. Dans deux jours, je serai en Russie. L'inconnu total. Je ne sais même pas à quoi ressemble la ville de Blagovechtchensk. J'ignore le prix du logement et je n'ai aucune idée de comment je vais me procurer des devises. je n'ai même pas mon billet de bateau pour franchir le fleuve.
En fait, je crois que j'ai décidé de me laisser des raisons d'être surpris par les événements.


mardi 14 juillet 2009

Combien sommes nous à sentir que la terre tremble sous nos pieds ?

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Je pars.

J'ai longtemps attendu ce moment. À présent qu'il est là, que je l'ai voulu, créé, précipité, j'ai peur. La chose est parfaitement normale à en croire ce qui l'ont déjà fait. Je voudrais les comprendre. Mais je sais qu'il faut savoir apprécier les moindres instants du présent qui se déroule. Avant de partir, c'est déjà être parti. Rien n'est plus vrai. Je crois que je fais, momentanément au moins, le choix d'une intensité d'expérience qui s'impose d'autant plus que je n'ai plus l'assurance de la jeunesse. Si j'avais encore attendu un mois, il n'est pas sûr que je serais parti. J'en suis même certain.

Vertige.

Je ne cesse de mesurer combien nous sommes peu de choses. Pas tant pour des raisons matérielles que parce que notre être tout entier résulte d'une série de hasards qui se sont déchaînés. Nous passons notre existence à rompre et danser dans le typhon. C'est bien ainsi.

Au fond, peu importe qu'une terre m'ait abandonné ou pas. Peu importe le visage de ceux que je ne connaîtrais jamais. Peu importe ce que je vais devenir. Je savoure chaque instant où j'entrevois la manière dont je le deviens.

Cela me fait penser que je fume trop. Il est bientôt temps d'arrêter. Je m'en voudrais de rater la fin.

samedi 28 février 2009

Romney London

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February 2008, 
Hythe, Kent, England. 


Un court week-end entre Kent et Londres, après un long week end à Berlin.... Pour une fois la nourriture se vaut des deux côtés de la Manche : ce sont des Nouveaux Zélandais aux commandes de la cuisine. Oh boy, I'm so excited ! I really hope I'm gonna see Mary Poppins !




jeudi 26 février 2009

Orange juice

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Some few pics from Berlin... Very few cities in the world can be proud to be highly identifiable to a colour. Berlin is not green... she's just too orange. Mixed up and lost in individual stories and collective destiny. Some few pics, for some few days, to wander around and listen. In the End, I'm much convinced that what I felt and saw there is way better reported in those blur shots than in any perfect serie of monuments taken in photo. 

Incoming soon, a short story called by the name of this idea. Berliner Orangessaft... Enjoy mates, I hälte nur für Sie !











vendredi 30 janvier 2009

NEW SKIN ON THE NET

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THAT'S OFFICIAL/DU NEUF SUR :
WWW.PICKPOCKETINGLIVES.ORG
CHANGED ITS LOOK.

jeudi 22 janvier 2009

INCOMING

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Soon on your display screens : a brand new website of pictures. Pickpocketinglives.org will soon change skin !

samedi 17 janvier 2009

Turbulences à trente mille pieds

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Juillet 2007
Qinghai Hu, Qinghai Province, China


Les instants de la vie des autres sont une chose merveilleuse. Sur les rouleaux, ils rayonnent, ils peinent, ils communiquent une joie et des émotions qui sont un carburant de ma propre existence. Je ne sais si l'on peut parler d'une vie par procuration. Je ne le crois pas. Tout commence par un mouvement de foule, à la sortie du métro ou par une belle journée ensoleillée, lorsqu'un visage se tourne en direction de l'oeil de l'appareil. Un rapide regard, un clin d'oeil consentant, un sourire ou une grimace mal à l'aise. Nul ne pourrait dire combien de fois nous avons croisé ce genre de situation. Nul ne saurait dire pourquoi il a ressenti un profond sentiment d'aliénation à cet instant précis. Et pourtant peu de gens savent combien il est difficile de saisir en vol la magie de cet instant. C'est une évidence, le naturel est quelque chose d'insaisissable. Depuis cet hiver, j'aime prendre mes clichés sans poser. Je remercie le numérique d'avoir mis entre mes mains un redoutable filet à papillon pour capturer ces échanges invisibles qui brassent l'air quotidien des semaines tranquilles de vacances.
A toutes ces inconnues que j'ai eu le courage d'affronter du regard pour leur demander du coin de l'oeil si je pouvais figer leur image sur mes circuits imprimés, je dis merci. Peut être le numérique effraie-t-il moins par son protocole plus simple. Son oeil est plus gros mais ce qu'il inspire est moins effrayant que la pesante présence d'une alchimie argentique surannée. Toujours est-il que je dis merci. Merci d'avoir enrichi mes errances et de leur avoir imprimé un peu de vos mystères.
La vie est merveilleuse.



Janvier 2009,
Shibuya, Tokyo, Japan
Smile for rental

jeudi 15 janvier 2009

Ogata Yaya au pays des bas fonds

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Janvier 2008,
Somewhere in the maze of Shinjuku's deep lungs

Il m'arrive une chose étrange.
...
J'ai mis un point final à un nouvelle... et personne ne l'aime. Certains me croient fou depuis. D'autres ont fait la tronche en me rendant mon manuscrit. Les uns ne m'ont pas reconnu, les autres sont déçus. Et pourtant, je garde le sourire. Je ne sais pas pourquoi. Cette nouvelle c'est moi. C'est juste tellement moi. D'abord, je perçois pas la rupture de ton ou de projet avec le reste de ce que j'ai écris. Et puis il y a cette étrange impression que je traîne : lorsque j'ai mis un point final à ces pages, j'ai eu l'impression que quelque chose se passait. Je saurai pas dire ce que c'est. Je ne saurai pas dire pourquoi non plus. Mais depuis que je l'ai écris, je rêve d'îles, de vélo et loup à tête de poussin. J'ai senti que quelque chose qui n'était pas moi avait surgi sous ma plume et je l'ai gardé. J'ai fais le choix et je l'assume : je l'ai gardé. C'est étrange d'accepter ce qui n'est pas ce que l'on aurait écrit. C'est vraiment bizarre. Lorsque les gens m'ont fermé leurs yeux, pour la première fois, j'étais content. Moi qui d'ordinaire me rétracte dès que les critiques pointent, voilà que le dégoût ou la déception des autres m'enchante. Je ne sais pas pourquoi je suis satisfait et sûr d'être autant dans mon bon droit...
Peut être que relire ces mots de Chateaubriand m'a fait prendre conscience d'une chose : c'est en arrivant dans une soirée pleine d'inconnus que l'on décide si l'on veut rester comme le sale type, le bon ou le truand. Une chose est sûr : on parle peu du bon, on évoque un peu la brute, mais déranger, c'est parfois bon signe. Présomptueux ou non, prétentieux ou non, j'assume. La yourte est descendu dans les bas fonds et saura retrouver le chemin de la sortie. En attendant, j'ai décidé de voir jusqu'où pouvait m'emmener des pas dans une écriture qui fait sortir des gonds.
...
Peut être que le temps me révélera rapidement que le goût systématique du paradoxe et de la provocation était illusoire... peut être qu'il est pathétiquement triste de croire que l'originalité et ce qui n'est pas soi est un moyen trop facile de se prendre pour un artiste. Peut être que j'ai tort et que je devrai cesser d'avoir autant confiance dans les choix que j'assume aujourd'hui....

...
Mais je m'en fous. J'aime ce que fais et j'entends bien en tirer tout ce que je peux. Je crois que j'ai grandi, enfants de Yam, apprenez-moi à chevaucher.

jeudi 8 janvier 2009

Il y a toujours trop de choses inutiles qu'on ramène dans ses valises...

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Me voilà de retour... avec 17 kilos de cadeau dans mes bagages. Comment se fait-il qu'en revenant de l'Archipel, les choses soient toujours les mêmes ? Comment se fait-il que de retour du Japon, je revienne toujours avec autant de charge dysfonctionelle ?
Je ne me plains pas : je m'interroge.
Dans ces petites choses, j'ai ramené le summum du gadget alimentaire : des cannettes de thé et café glacé orné aux armes de Final Fantasy.
Vraiment je ne sais pas pourquoi... Mais je sais aussi que j'y retournerai... et que ce sera encore la même chose. Avis aux amateurs des cadeaux insolites : El Kim est bientôt de retour avec une nouvelle cargaison. Passez donc commande !

dimanche 4 janvier 2009

Redcliff under the palm of your hand

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Il fallait qu`on y ait droit quand meme. Je m`efforce, depuis que je viens au Japon, de montrer un autre visage que celui des gamers et des otaku afficionados du patchinko, mais c`est aussi cela le Japon moderne. Alors il fallait que je mette en ligne une petite serie (pas extraordinaire, j`en conviens) de ces portraits de nights providers. Toutes les photos sont realisees dans les environs du Kabuki cho, le quartier chaud de Shinjuku ou l`on peut se prendre une cuite tout en matant des fesses qui se deshabille sur fond de musique techno. NON ca ne sent pas le vecu, je m`insurge. Les deux dernieres photos sont prises a la sortie Est du metro de Shibuya... quand je vous parlais de l`enfer des soldes...
Pour la petite histoire, nous connaissons depuis la Nintendo Wii, les Rythm` game, ces jeux ou l`on doit battre la mesure avec une replique d`instruments, c`est pourquoi nous ne sommes pas tellement impressionnes par ces jeux sous forme d`arcades aujourd`hui.
Ce qui n`a en revanche pas encore perce en Europe, ce sont les table card, une variante des jeux de type Magic qui se jouent sur un plateau multimedia. En gros : il faut commencer par se ruiner en achetant une serie de cartes qui porte l`effigie et les proprietes de combat ou sportive d`un personnage. Ce personnage peut etre un joueur de foot ou de baseball reel comme un personnage de fiction comme les heros du Roman des Trois Royaumes (Redcliff pour ceux qui ont vu le dernier John Woo).
Ensuite, muni de vos cartes toutes belles et toutes neuves vous vous dite Rhoooooo ce serait quand meme vachement dommage de les abimer, alors vous foncer a nouveau vers la machine et vous acheter des pochettes en plastique adaptees juste de la taille pour les proteger.
Bon vous avez vos cartes plastifiees, qu`est-ce qu`on fait maintenant ?? Ben on fonce a la borne d`arcade !!! Devant vous, se trouve une grosse machine sur laquelle vous avez, un distributeur de nouvelles cartes (plus vous gagnez des batailles plus la machine vous recrache des cartes toutes neuves et plus vous devez donc aller a la machine pour acheter des petite pochettes plastiques). Au centre de la machine, un plateau avec un GROS GROS bouton rouge et un petit bouton vert. et en face, juste devant vous, se dresse l`ecran de la machine.

Alors ca se passe comme ca : vous enfilez trois pieces de 100 yens. Et la partie commence. VOus placez vos cartes sur le plateau devant vous et vous attendez que la machine reconnaisse qui c`est. Aussitot apres, vous choisissez les modalites de l`affrontement, en ligne avec quelqu`un... Et puis la bataille commence. Et boum c`est parti, c`est magique parce que ce qui n`etait qu`un petit jeu de carte se transforme en troupes sur l`ecran et avec vos mains vous bougez les cartes et vous les faites se deplacer et tout et tout. Et puis quand vous sentez que vous allez perdre alors c`est le moment d`appuyer sur le petit bouton vert qui declenche des renforts. Et quand vous sentez que vraiment vous allez vous manger une gamelle, vous choisissez le GROS GROS bouton rouge. Et la boum c`est les pouvoirs magiques du personnage qui explose dans tous les sens et meme que vous savez plus ou il faut regarder sur l`ecran tellement ca flashouille dans tous les sens avec des bruits bizarres. Bref, quand le calme revient, soit vous avez perdu, dans ce cas vous gagnez une petite carte recrachee par la machine, soit vous remporter un gros lot et vous passz a la bataille suivante en updatant (en augmentant les proprietes guerrieres ou sportives) de vos personnages.

Bon, vous savez tout (c`est la derniere photo avant les deux cliches de Shibuya pour ceux qui veulent suivre). Moi j`ai gagne, a force de m`exciter en decrivant comment ca marche, je suis en nage. Je file prendre une douche et possiblement dormir un peu.



Combat de catch au 109 Shibuya

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Janvier 2009,
Harajuku, Tokyo, Japon

Dernieres heures a Shibuya. Le temps est superbe, froid, sec. Le soleil resplendit dans les rues glaciales de la capitale nippone mais dans les etages des centres commerciaux, c`est l`enfer sur Terre. Les Soldes ont commence dans l`archipel. Un mois et demi de pure folie ou la recession semble lointaine. Un mois et demi ou les jeunes femmes prennent d`assaut les plaza et shopping mall depuis Tokyu jusqu`a Mitsukoshi en passant par Seibu et Shibuya 109. On bat le pave depuis Ginza jusqu`a Harajuku pour s`arracher les dernieres creations des marques internationales.


Je savoure les derniers instant au Japon avant un bon moment semble-t-il. Hier soir quelque chose s`est brise et je ne serai probablement plus jamais le meme pour cette raison. Mes yeux sont ouverts. C`est douloureux. Il faudra que j`en parle a mon psy en rentrant. Merci un ceux qui auront suivi ce parcours dans l`ile a travers ces lignes.


Janvier 2009,
Ueno, marche de Yokocho, Tokyo, Japon

Janvier 2009,
Harajuku, Tokyo, Japon

Janvier 2009,
Ueno, Tokyo, Japon

Janvier 2009,
Ueno, Tokyo, Japon
Janvier 2009,
Harajuku, Tokyo, Japon

Janvier 2009,
Harajuku, Tokyo, Japon

Janvier 2009,
Harajuku, Tokyo, Japon


Janvier 2009,
Harajuku, Tokyo, Japon


vendredi 2 janvier 2009

A la soupe

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On pretend qu`a Hokkaido, les ramen (soupe de nouille a la chinoise) sont parmi les meilleures du pays. Le miso employe est frais et l`eau qui coule ici au robinet est d`une purete sans pareil (ce qui explique aussi le succes des distilleries de sake a Asahikawa et celui des brasseries a Sapporo). Le centre ville de Sapporo, non loin de la station de metro Susukino, abrite une petite ruelle ou ne s`entassent pas moins de vingt cinq echoppes qui ont toutes leur specialite... ici on sert un beurre-miso-mais divin, la c`est le negiyaki-ramen qui l`emporte, plus loin encore les noix de Saint-Jacques et le shoyu sont a se rouler par terre... Voila ou ma migraine des lendemains de fete m`a conduit pour le dejeuner du jour. C`est commode, pas complique et les Japonais adorent slurper bruyamment ce genre de soupe. Alors pour un esprit qui commence a fonctionner au radar apres de longues peregrination, quoi de mieux qu`un bon bol de ramen ??
*


jeudi 1 janvier 2009

It`s election day !!!!!!!!!!!!!

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Et voila... une nouvelle revolution civique dans la tronche. Je n`etais pas a Sapporo comme je le voulais mais dans un trou paume de la province de Do Hokkaido.... Kitami. C`est assez baroque comme facon de passer la nouvelle annee. Je me suis retrouve le 1er au matin dans une clinique dentaire du patelin a cote d`un americain sympatique qui avait eu un souffle au coeur pendant la session karaoke ou ses potes m`avaient embarque... tout ce dont je me rappelle c`est que j`ai pousse une corolla deux roues motrices dans 50 cm de neige pour avoir droit a une consultation en japonais.
Je crois que j`ai du passe dans un sanctuaire. C`etait nouvel an tout de meme. D`ou la photo. Je ferai le bilan de ces derniers jours quand mon cerveau sera remis en marche.

mardi 30 décembre 2008

Et pendant ce temps la, a Santa Cruz....

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Le reste de la collecte quotidienne.... quelques vues de l`autre lac en caldeira, Kussharo-Ko. Une autre atmosphere, une ambiance moins mystique et peut etre plus proche d`un certain Silent Hill.... que les gamers en jugent par eux memes...

lundi 29 décembre 2008

Entrez ma chere, et detendez vous : vous etes en terres Ainous

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6 heures moins le quart...
...
Le reveil a sonne fort ce matin... Dieu que je le hais ! Mais je crois que ca valait la peine. Le patron de l`auberge m`a tire du lit pour aller courir les bois et admirer le Mashuko, lac sacre des peuplades ainous qui vivent en ces lieux. Un endroit emprunt d`une telle spiritualite qu`on en viendrait a se demander si la vie a un sens et si, Dieu, le paradis et les frites au vinaigre n`existeraient pas, au fond. J`avais une amie qui pleurait devant le spectacle du monde en se demandant ce qu`on pouvait bien faire de toute cette beaute. Je crois que ce matin, a 6:19 tres exactement, je n`etais pas loin de la comprendre.
De l`autre cote de la route, sur les piemonts du massif de l`Akan, se trouve l`autre grand lac de la region. J`y cours, j`y vole (a condition que le train ne me fasse pas le meme coup que hier soir). Oui parce que le vieux Kim commence a en avoir marre de se faire baiser par la Japan Railway Compagny. Bref, la yourte est repartie enfants de Yam : ne trainez pas trop derriere, les places sont cheres a Amayarbasgalant.


ありがと Archer

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December 2008,
Abashiri downtown, a Jazzbar on earth, simply.
It`s been a year exactly. A long lasting 365 days sequence of time since I first discovered Japan. At the time, I was romantic. At the time, I was dreaming of possible in Japan, I was walking in Kawabata`s steps cuz I wanted to listen to New Year`s bell ringin` in Kyoto`s temples. The reason why I`m still coming back, again and again in that damned archipelago cannot be said because they changed so many times. Today, I think it`s possible for me to say I love this country. I know the reason why I would hate it and the reason why I feel attracted by it. A friend told me once that keeping honnestly in mind the reason why you love someone is the safest way to hold the line and never stop being happy. Once you start make up things and telling stories, it stinks. I don`t want to be lying to myself anymore and I think I`m not, when it comes to the matter of the "why do I want to live in Japan" topic.
This post is for you, めぐみ, for I owe you a first, brutal and easy way to discover Japan. I guess someone was missing in the jazz bar I sat by last evening to enjoy my glass of Scotch... After that Shinjuku session anyway, Christmas will never be the same and I owe you to have toughened up a little bit...
Watch out for the Cool guy soon incoming in Mumbay Daiwa Hou"chu" Lady, this time you`ll be stunned by how COOL I really am... or not ?
December 2008,
Abashiri downtown, a Jazzbar on earth, simply.


Messieurs, bienvenue a Guantanamo

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Abashiri
...
Le bout du monde, ou presque. Les confins du territoire Ainous sur ce cailloux gele qu`est l`ile d`Hokkaido. Une ville dont le nom ne dit rien a notre conscience d`occidentaux mais qui est a l`univers mental nippon ce que Sing-Sing est aux NewYorkais ou Cayenne aux gens de l`Hexagone. Abashiri, c`est le bagne, une prison experimentale ou etaient mises a l`essai au debut du siecle les techniques agricoles importees par les Etats Unis dans la ferme attenante aux batiments principaux. Abashiri c`est aussi une architecture particuliere en semi-phalanstere ou les prisonniers avaient a peine de quoi survivre au froid tant les maigres conduites de chauffage qui courraient le long des cellules etaient eloignees de chacun des boxes.
...
Je suis perdu dans les montagnes de l`Akan-ko, terre Ainou, du nom de ces peuplades qui occupaient le Nord de l`archipel Nippon avant que la Revolution de Meiji et les colons de Honshu qui fuyaient les dettes et la justice de l`empereur ne viennent s`y installer. Comme l`Australie ou la cote ouest, Hokkaido c`est le pays des Shakkle-draggers (ceux dont la cheville traine un boulet). Pourtant, c`est dans cette ile qu`il fait bon vivre. Comme mon cher Heilongjiang, l`ile a la forme d`un cygne ou d`un dragon dont les ailes seraient deployees. Comme mon cher Heilongjiang, son regard se porte vers la Russie le long d`une frontiere ou coulent l`eau et les rancoeurs. Comme mon cher Heilongjiang, l`ile abrite ces villes fantomes ou ces villages deserts ou il ne se passe rien d`autre qu`un incommensurable ennui sur fond de deprime collective. Comme mon cher Heilongjiang, ses trains sont lents et surchauffes, peuple par quelques ames solidement nouees entre elles par les liens indissolubles de l`indifference. J`aime ce coin de l`archipel nippon ou l`on celebre Hanami en retard, ou la neige et le froid sont mordants et ou les ramen sont si bons.
Je vais passer le nouvel An a Sapporo, au coeur de la ville, dans le quartier interlope et branche de Susukino ou m`attend, devinez quoi ? ben oui, un Hotel Capsule. Mais bon, si on veut economiser pour boire, faut se serrer la ceinture question logement. Et puis une capsule close quand on est bourre le premier de l`an au matin, ca evite de tomber connement du lit, non ?



samedi 27 décembre 2008

Gentlemen, en route pour Alcatraz.

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19 heures... dix neuf longues heures de train depuis le fin fond du Kansai ou la neige s`est brusquement mise a tomber dans la nuit de jeudi a vendredi par raffales qui cinglaient la serenite affichee du vieux palais imperial de Kyoto. Par je ne sais quel miracle, mon reveil a fonctionne et j`ai saute dans le premier Shinkansen du matin en route pour Tokyo puis Hachinoe dans le grand Nord. Honshu dans toute sa meridionalite, depuis les champs de the vert parfaitement calibres des bords du Biwako et des environs de Shizuoka jusqu`aux raffales de blizzard venu des Kouriles a partir de Morioka. Le temps splendide et degage m`ont donne la possibilite pour la premiere fois en un an de voir le Monsieur Fuji dans son integralite... il parait qu`y penser pendant la nuit du 31 au 1er porte bonheur pour l`annee.
A mesure que le train gravit les paralleles, le froid se fait plus vif. au terminus du Shinkansen, a Hachinoe, le transit devient plus faible, les gens plus emmitouffles. Je me dirige vers la prison d`Etat nippone jadis la plus redoutee des criminels de l`archipel : Obashiri. Un desert de glace et de vent aus confins de Sakhaline et de la frontiere russe (oui oui, ca va, bon je sais, longer la frontiere russe ca commence a devenir un Leitmotiv assez preoccupant chez moi pour que je me decide enfin a en parler a mon psy, c`est note, je le ferai en rentrant).
Le mercure est tombe en dessous de 11 degres cette nuit et les portes du train express ltd qui nous conduisait d`Hakodate a Sapporo sont restees coincees deux heures en gare de Noboribetsu.. une petite station thermale ou j`avais decouvert le plaisir des onsen pour la premiere fois de ma vie il y a un an tout juste. Le train a finalement atteint les abords de Sapporo peu avant minuit avec trois heures de retard. J`ai du faire une croix sur mon plan couchsurfin` de Sapporo et atterir dans un bon vieux capsule hotel.... bouhouhouhouhou. Le decors des rues est surrealiste. A l`approche des fetes de Noel, les grandes arteres resonnent de musique classique par les haut parleur tandis que quelques personnes se risquent a courir d`un batiment a l`autre. La vraie vie est sous le sol, dans le dedale des centres commerciaux et rues souterraines ou le froid ne penetre pas.
10:38... dans trois heures Asahikawa puis le territoire Ainus... La yourte est sur le depart, Gentlemen.... qui est partant pour un petit tour du cote du Goulag ?



jeudi 25 décembre 2008

Dans l`arriere-cuisine du voyage, il y a l`ennui

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Decembre 2008,
Kuramachi, Kyoto, Kansai, Japan


Quelques instants d`ennui entre deux seance d`ecriture, de cafe et cigarette. Quelques secondes de pause naturelle ou le temps s`ecoule comme la minute d`avant mais ou seul l`esprit fatigue nous fait croire qu`il se produit une baisse de regime ou un manque a combler. Mon bonheur de la journee.

Decembre 2008,
Kuramachi, Kyoto, Kansai, Japan

Decembre 2008,
Kuramachi, Kyoto, Kansai, Japan

Decembre 2008,
Kuramachi, Kyoto, Kansai, Japan

Santa Got lost....So Schlimmer fur Er !!!!!

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Voici deux jours que j`ai quitte le petit sanctuaire shinto dominant les hauteurs d`Awa Ikeda. Un petit havre de paix que l`on atteint apres une heure d`ascension dans la montagne depuis la gare JR d`Ikeda. Il fait un froid mordant mais l`accueil chaleureux des deux petits vieux qui tiennent propre le temple m`a permis de trouver un peu de reconfort apres la longue ascension.



*




Aux confins d`Oboke et du corridor de l`Iya, se trouve l`un des trois lieux caches du Japon. Accroches a des parois de craie blanche et de rochers que l`eau des rivieres d`un vert opale sillonne, les petites maisons de poupee s`egrennent les unes apres les autres dans un decors alpin qui ferait facilement oublier l`insularite nippone.

C`est sur les bords de Kazurabashi, un pont de liane entretenu et refabrique tous les trois ans pour honorer la memoire du clan Heike que j`ai trouve refuge pour le 24 au soir. Une petite auberge (minshuku dit on) ou une vieille femme et sa maman ( zut j`aurais du dire "une femme et sa vieille maman" sinon ca veut dire que sa maman est encore plus archi vieille c`est pas tres cool, bon mais le mal est fait alors tant pis...) m`ont accueilli pour la nuit. Une petite chambre avec vue sur la vallee et ce pont de liane que domine la cascade de 50 metres de Biwa no Taki.

Une tres longue marche dans les montagnes de l`interieure ou la neige est tombee pendant la nuit. J`ai eu mon Noel Blanc comme je le voulais.... Un moment de pur bonheur apres le stress des dernieres semaines. Et aussi une belle lecon de simplicite pour amorcer la nouvelle annee. Ce matin au reveil j`ai regagne Kyoto pour faire une escale avant le Grand nord. L`occasion de traverser le canyon qui longe la vieille route 32 jusqu`a Awa Ikeda, le grand barrage de la region.









mardi 23 décembre 2008

Hachikin Land

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"Hachi" ca veut dire "huit" en japonais... et "kin" signifie (entre autre choses) "testicules". Ce terme charmant renvoit, dans cette partie de l`archipel nippon aux femmes que la nature rude et l`isolement de l`ile de Shikoku, dit on ici, ont rendu fortes comme un homme qui aurait huit testicules... il est meme de bon ton lorsqu`on est un etranger, d`amuser la gallerie en demandant a la patronne des restaurants si elle est "hachikin"... ca c`est ce que pretend le lonely planet.... a l`usage, je m`imagine assez mal, avec ma tete de gaijin de l`Est en train de demander a une femme si elle a huit testicules... non mais y`en a, j`vous jure...
J`ai pris pied sur Shikoku, le pays de l`Ouestm l`ile au sud de la partie meridionale de Honshu. Un immense reservoir de montagnes, de legendes et de lieux caches comme se plaisent a l`imaginer les Japonais. Un petit coin de verdure ou coulent encore les dernieres rivieres qui ne sont pas porteuses d`un barrage et ou s`egrennent les temples shinto par dizaines... Un petit bout de terre coupe du pays par la Mer interieure et que relie seulement les ferry et quelques ponts.

Je suis monte dans ce bon vieux Hikari (le nom d`un Shinkansen... non mais rigolez pas, le TGV japonais qui va ver Hakodate et Hokkaido s`appelle "Super Hokuto" (super cygne) alors on n`a pas fini de trouver ca grotesque) jusqu`a Okayama, a l`ouest de Himeji et j`ai traverse la mer interieure a bord du Mariner Train pour rejoindre la ville de Sakaide puis de Takamatsu. J`adore cet endroit. Des grandes galleries marchande sous arcades, une vaste arrivee des ferrys boat (prononcez "boites"), un red light district qui cotoie les digues de la jetee du port et les arsenaux (la nuit on dirait que meme les bateau s`envoient en l`air sur fond psychedelique de neons roses fluo) et une sacree belle vue sur l`arriere pays montagneux... sans oublier le mignon petit chateau qui partage, avec trois de ses camarades de Honshu, la particularite d`etre face a la mer directement... faut pas etre aquaphobe pour regner sur son clan ici...


J`ai profite d`une belle soiree venteuse pour aller prendre l`air sur le port avant de m`enfiler deux dizaine de borchettes de ledumes varies dans une petite echoppe de la rue marchande. C`est bon de manger quand on est bourre... je suis rentre en titubant dans mon auberge de jeunesse et j`ai comate comme un imbecile dans le bain. Des fois je me dis que je pourrais rester chez moi si c`est pour me mettre aussi minable avec une biere...


J`ai neanmoins profite de l`apres midi pour aller acheter quelques petites choses pour des amis... un autocollant panda, un pot de Macha (non non personne m`a force la main a le faire, d`ailleurs personne ne s`adonne a la ceremonie du the Tour Cortina 5eme etage, non, oubliez ce que je viens de dire, absolument personne je vous jure), et divers gadgets que j`ai trouve dans un magasin de souvenirs (il m`a fallu pas mal de courage pour ne pas acheter toutes les conneries que je voyais... - vous me direz, j`ai bien une amie qui m`a achete des moules a oeufs durs... alors j`aurai pu faire un effort pour trouver un cadeau qui se pose la question inutilite objective).

Takamatsu c`etait hier... aujourd`hui je m`enfonce dans l`interieur de l`ile pour echapper au gros barbu joufflu qui essaie de me refiler ses cadeaux. Santa aura du mal a me faire chier cette annee vue qu`il aura a se taper la traversee de la Vallee d`Iya, un canyon gigantesque qui a toujours protege les fuyard de Honshu contre les poursuivants du pouvoir officiel... Une nuit a Awa Ikeda sur les hauteurs... avant de gagner Oboke a l`entree du corridor d`Iya, si je trouve une place ou me loger... affaire a suivre.














lundi 22 décembre 2008

Night box (boites de nuits)

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Qui n`a jamais reve de se faire inhumer le temps d`une nuit, au cours de son sommeil, durant ce moment ou notre ame flirte deja avec la mort ? Pas moi en tous les cas !!! Je ne comprends pas trop pourquoi, malgre cette aversion, je continue a frequenter les Capusuru Hoteru, ces etablissements hoteliers que les pays de l`Asie ont developpe pour permettre un rangement rationnalise et peu spatiovore de ses touristes.
D`abord, on entre. Ensuite, on paie. Ensuite, on vous colle tout seul dans une toute petite salle avec plein plein de casier et vous mettez vos affaires dedans. Enfin je dis "vous mettez" je devrais dire " vous bourrez comme vous pouvez" parce que question place, le casier il a oublie d`etre grand.... Ensuite vous allez vous prendre une douche et ensuite vous allez dans la salle pour vous reposer. Lorsque le temps du dodo est arrive, on vous amene dans une grande salle decoupee en allees et couloirs emailles de petits compartiments de 3 metres sur 2 sur 1. Et la ben c`est pas complique, vous dormez. Vous dormez en preferant ne pas avoir a vous relever pendant la nuit. Vous dormez parce que le plafond est bas, que vous etes a raz du sol et que le voisin du dessus emet un ronflement insupportable qui resonne d`autant plus que ces fichus boxes font caisse de resonnance... vous dormez parce que la nuit arrive vite en hiver et que le froid a beau etre ce qu`il est, dans ce petit caisson la chaleur est a crever et que le ventilo ne fait que brasser l`air. Vous dormez parce que la teloche est dans une langue que vous avez beau avoir essaye d`apprendre vous n`en pouvez mais... vous dormez parce que l`avion s`est pose tot ce matin et que bordel de merde il est deja tard dans l`hexagone... vous dormez parce que vos pensees vont vers une femme qui n`est pas la mais a des milliers de kilometres et que vous vous demandez bien bordel de merde ce que vous etes venus foutre dans l`archipel du coup...Vous dormez parce que demain est un autre jour et que de folles aventures vous attendent quand meme dans le Sud Ouest, dans les iles, loin des folies de Dotombori et de la mode rugissante. Vous dormez parce qu`il faut etre en forme pour feter un Noel qui n`existe pas ici. Vous dormez parce que c`est quand meme ce qu`il y a de mieux a faire quand le cerveau commence a confondre vos pieds avec vos mains. Vous dormez et vous songez a tous ces gens qui vous envient d`etre parti visiter le Japon et vous pensez en pleurant "les cons.... s`ils savaient..."

jeudi 27 novembre 2008

A l'ombre des fromages qui fondent comme des oeufs

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Eastern Kansai,
2008


Le compte à rebours a démarré. Dans trois semaines exactement, je m'aventurerai dans une voie que je n'avais jamais songé à explorer. Je pars avec le sac au dos et la volonté d'avancer sans me retourner. Ce sera dans les confins nippons, sur l'île d'Hokkaido, que je voudrais m'échouer. Je vais traverser le Kansai, Shikoku, la vallée d'Iya, la plaine de Honshu et atteindre le Nord. Un vaste parcours pour oublier ce que je suis. Une longue marche pour laisser derrière moi des pesanteurs. Un long périple pour apprendre à ignorer le regard du père que j'ai trop souvent cru à m'épier et me juger au dessus de ma tête tandis que je cherchais ma mère dans les bras des femmes. Cette fois-ci, les grands espaces seront miens : je n'ai personne à voir, personne à aimer, personne dont je doive me convaincre qu'il faut m'accrocher. Je veux encore me laisser surprendre par la vie, me laisser porter d'idylle en rataux.
J'ai longtemps cru qu'il me suffisait de me laisser surprendre, et d'attendre de l'être encore plus. Aujourd'hui je pense qu'il vaut mieux une surprise que j'aurai gâchée en essayant de la confronter à ce que je suis vraiment plutôt que de chercher à la préserver intacte en s'illusionnant toujours quant à son idéale compatibilité avec moi-même.
En regardant par dessus mon épaule, je commence soudain à comprendre : j'ai aimé tombé amoureux d'étrangères et j'ai aimé les gardé loin de moi. Voilà ce que j'ai fait ces quatre dernières années. Aujourd'hui je voudrai coucher avec des étrangères que j'aurai choisi parmi celle que le hasard aura mis sur mon chemin mais me laisser le temps de connaître celle qui pourrait me faire ralentir la course pour faire un bout de chemin avec elle. Autrefois j'aurai tracé la route en affirmant haut et fort ne pas me retourner, mais je serai revenu en douce pour épier les signes d'après mon passage. Cette fois je cours, et il faudra bien m'interdire d'y revenir.

Pour la première fois depuis que j'arpente l'archipel, je veux revenir du Japon sans avoir cette fichue envie d'en rapporter des regrets, des remords, ou pire encore, une relation qui n'est qu'une idée séduisante.
Il faut préparer le terrain. Ce Noël le Japon, dans trois mois l'Allemagne, dans six la Chine, dans sept et demi la Corée et peut être le Japon... Tokyo, Kyoto, Berlin... Les mots de Peter Falk dans Himmel Uber Berlin résonnent sans fin... "It's amazing how little I know about this part...Maybe we'll discover it during the shooting... One good costume and let's hit the battle... Grandma used to say "Spazier" !... " Je me fiche de savoir ce qui m'attends. Je sais juste que j'attends d'y être et cette idée, pour la première fois, se fait sans idée préconçue.



dimanche 9 novembre 2008

しんせかい (新世界)

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"Shin sekai" (シンセカイ) signifie "Nouveau monde" en Japonais. C'est le nom d'un quartier délabré et "délibarré" d'Osaka Sud. En son centre, une tour de 102 mètre de hauts érigée dans les années 1920, lorsque le Japon s'éveillait à la modernité et dont l'architecture aujourd'hui complètement surannée et kitscho-futuriste incarnait les promesses. Fleuron de du progrès technique et prophétie pour le Japon sortant de la féodalité, le quartier de shin sekai regroupait alors ce qui se faisait de mieux ce que l'on croyait savoir de l'avenir. Aujourd'hui, à errer dans ces ruelles abandonnée, on se prend à penser qu'un morceau du temps est resté prisonnier entre les mur de quelques pâtés de maisons. Une foule interlope et marginale demeure à traîner dans ruelles où s'accumule gargotes mêlant le style jamaïcain et la nourriture asiatisante, les patchinko d'un autre âge et les hôtels au couleur et décoration intérieure surgis des limbes du design. Une place d'une autre époque. Un lieu qui ne fait plus rêver que les touristes, les Japonais nostalgiques... et moi.
A déambuler dans ces rues avec l'appareil au poing, j'ai repensé aux premières séries d'Araki (Satchin et son frère) et les images de ce Japon d'après la guerre. J'ai vu des scènes drôles et tristes qui sont les merveilles de la quotidianité nippone avant qu'elle ne perde son âme. J'ai croisé des trajectoires humaines qui me renvoyait à mes propres errances et je crois que j'ai enfin mis pied au Japon. Il fallait que ce fut dit. Il fallait en passer par le début avant de revenir sous les bruyantes arcades de la mode de Dotombori. Marcher dans ces rues m'a fait du bien : que l'univers que l'on vient trouver n'est pas au rendez vous après 13 heures d'avion, il est à jamais difficile de réprimer le sentiment que l'on a été floué. Le Japon m'a déçu il y a un an. Soyons honnête. Il a failli sortir de ma vie en peu de temps. J'y retourne dans un mois et demi et cette fois, je sais que je marche seul et avec mes propres attentes. Le nouveau monde existe aussi à l'Est...





vendredi 7 novembre 2008

Il ne s'est rien passé, ou si peu

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octobre 2008,
Osaka, Kansai, Japan


It's been a very loooong time I didn't update this blog... I can't help but sending one more post since it's on it everything began... I guess everything is to end here also. I'm walkin' all by myself again. But I can't say tears are numerous. This time I chose. This time I could foresee which burden I was about to carry on my back. This time I spoke and the other one and I agreed on the same conclusions. May Buddha be praised.

Voilà presqu'un an que j'ai poussé avec curiosité la porte du Japon. Je croyais sincèrement n'y trouver que néons phosphorescents et loisir futuriste. J'y allais justement pour tenter d'y trouver des traces du passés, des souvenirs d'un Japon révolu, des indices d'une survivance kawabatienne.
Un an plus tard, je suis toujours là, prêt a partir pour entendre résonner les gongs du nouvel an. Cette fois ci, je n'ai plus de guide, et je crois que c'est mieux ainsi. A trop découvrir et voyager à travers des pays avec des gens pour nous épauler, on finit par en oublier ce que l'on aime. Il ne m'aura pas fallu moins de 3 séjours dans les îles pour comprendre que le Japon risquait de ne jamais m'appartenir si je continuais à me faire traîner par une main trop insouciante ou celle d'une mère d'adoption. Il y a certes de l'amertume dans ces mots, celle probablement d'une liaison discrète et intenable, celle d'une tentative sérieuse qui a échoué. Mais je m'aperçois avec soulagement que je regarde en arrière avec une nostalgie sans tristesse. Et le Japon est toujours là devant moi. J'ai fini par le trouver, par y trouver ma place aussi. Affirmer que c'était pour ces mêmes raisons que j'y suis allé et que je voulais un temps y rester serait un mensonge déloyal.

Une voix m'a récemment enseigné un peu de zen... Une autre me demandais "mais bon sang, comment différencier les projets qui sont l'essence même de la vie et ceux qui ne sont qu'une danse pour surtout ne rien changer ?" Je crois qu'à cette question j'ai enfin trouvé une réponse honnête : il suffit de se demander au fond, ce projet, c'est quoi ? Si la réponse que je formule commence par des digressions, des nuances, de guillemets et subtilités en tous genres, alors c'est qu'il ne doit pas m'appartenir tant que ça... Il est alors temps de tourner la page (sans forcément la déchirer) et de faire voile vers quelque chose de plus personnel. J'ai longtemps cru qu'il suffisait de personnaliser l'approche. Je sais aujourd'hui qu'il faut aussi prendre garde au contenu... Si le projet est solide mais construit sur des bases étrangères, il est périlleux et illusoire de s'imaginer qu'on pourra faire les aller-retour entre soi même et un autre soi qui serait de circonstances... Au fond, c'est peut être ça la difficulté réelle d'une relation à distance : l'énergie passée à combler le manque pour y mettre les formes, nous détourne souvent un peu trop du contenu.

Une séquence de ma vie s'achève : pendant longtemps j'ai seulement rêvé d'un vol dont j'ignorerai jusqu'au moment l'atterrissage, où il me mènerait. Pas nécessairement loin. Pas nécessairement pour toujours. Aujourd'hui j'aspire à un lieu précis et je voudrais que ce fût pour des raisons que j'aurai choisies, par des moyens que je me serai donné. La part du hasard et des accidents demeurerait la même... mais s'y ajouterait enfin, jusque dans l'amertume de mes défaites, le sentiment que j'ai vécu ce que j'ai traversé.

En route, enfant de Yam, la yourte est repartie.


mercredi 27 août 2008

Moutons d'intérieur

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Poussé par les critiques d'un ami qui me faisait très justement remarquer le manque d'homogénéité de mes séries, je me suis essayé à un peu de photo réfléchie. En voyant les clichés de Bernard Faucon ou les séries réalisées par les Becher je me suis toujours demandé en quoi le sériel de ces artistes était salué par la critique photographique comme une performance. Aujourd'hui, je crois que j'ai commencé à comprendre. La mise en oeuvre d'un projet, la concrétisation d'une idée et la prise de vue ne s'improvisent pas : il faut un matériel adapté (qui excède de beaucoup le simple appareil ou la marque de la pellicule), il faut beaucoup de patience et étudier le décors, réfléchir à la composition et se laisser une marge de manoeuvre en fonction de aléas du temps, de la luminosité, des autres êtres animés qui peuple l'image.
Non monsieur Kim, il n'est pas facile de photographier des moutons. Non, il n'est pas facile de s'essayer à la photographier conceptuelle et de faire des prises de vues qui obéissent à autre chose que du hasard. Non, il n'est pas vrai que le hasard est seul responsable des clichés qui valent le coup.
Aujourd'hui, j'ai reçu une leçon d'humilité par des moutons...

samedi 23 août 2008

©

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ça y est.... enfin.


Je me suis enfin décidé : les photo, TOUTES les photos de cet album et cette du site www.pickpocketinglives.org sont enfin et réellement protégées. Depuis aujourd'hui, le © que j'affiche n'est plus usurpé et je peux enfin dormir tranquille. D'ici quelques jours, je soumettrai mes premières photos chez Getty©. Je tremble à l'idée d'être jugé pour ce que j'ai toujours exposé à un public complaisant et bienveillant.... Je vais sans doute perdre des dents mais j'attends...

vendredi 22 août 2008

Street caïds

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July 2008,
Chengdu, Sichuan, China
When you're a jet, you're a jet all the way,
from your first cigaret...



I've been looking at my hometown sky for the last 48 hours...

It's really weird to be here again. I honestly can't help thinking about the sky I'll die under one day. Watching at this portion of universe, I'm starting to wonder if there's not something like vanity to be runing after a place to die. I thought this part of the earth would be fine, in the end, and the most important thing is to get a plan to make it liveable and, hopefuly cosy. However, as far as I can remember, I don't see no plan. I just catch a glimpse of the sky I would like to be roofed by but underneath... no big project, no ambition. I'm hollow.
I would like to write. I would like to spend my life doing what I love but courage is still missing. maybe one day I'll be waking up and I'll get rid of all my objections. Maybe that very morning I'll take fix up all I need before my departure and I'll flight to this Asia I want to inhabit... for anything, any kind of job, any kind of destiny, just a feeding work to be where I belong, doing what I love, sharing it with Her....
I'm still looking at the sky, but only rain comes tonight. It's being hard remaining a Street Caïd these days...





July 2008,
Chengdu, Sichuan, China
"Tony ?"

dimanche 17 août 2008

Lucy in the Sky wants to see the dark side of the moon

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Despedida tonight....

My heart is already broken to let go the one I love. "Fly fly, in a silver bird, fly fly awaaay..." sings Johnny Clarke in the radio program. I think I aged. But I don't care. What is incoming is full of new events. A new job, some new results, some new horizons, a new hope... maybe the opportunity to give my photographical work a meaning... I don't know, but I don't care : during this summer time I stoped expecting... I now wait for the crops I handled.
See you in October Lemon Girl, on the riverbanks of Biwako Lake.

Wait for me, Barb'Herderix, here comes Billy !





jeudi 14 août 2008

Carte postale

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August 2008,
Raamstraat, Brugge, Belgium.

Un petit message en guise de carte postale à Flo. J'espère que ton terrain se passe bien et que tu ne m'en veux pas trop d'avoir pas pu appeler en usant de çeuquaïpeu. Le voyage dans le nord s'est déroulé avec des éléments de nouveauté et j'ai le sentiment que l'on va vers un dénouement constructif et pas si noir que j'imaginais... Nous allons manger un Phô demain soir avec Le : je prendrai des photos. De façon tout à fait intéressée, je tâche de donner un sens à mon travail photographique : tu crois que tu pourrais me mettre en contact avec ce mec de l'express que tu as guidé ?
Bon courage pour tout vieille Prune et bien des choses à tes adjumas !
Bon baisers de Bruges.