
Juillet 2007,
重庆(Chongqing), Chine
Sur les bords du Chang Chiang, les clichés à faire ne manquent pas : vues de la Chine éternelle contrastant avec les reflets de la Chine en mouvement, les portraits en situation abondent. C'est en allant voir le film de Jia Zhang Ke Still Life que l'idée de descendre puis remonter le fleuve jusqu'à la ville de Fengjie m'est venue. A ceux qui seraient tentés de faire de même je dois pourtant bien avouer qu'il est difficile de mener de front notre préoccupation d'hygiène d'occidental archi gâté et la pratique photographique. C'est un problème qui s'était posé déjà au Pérou et même lors de prises de vues à Toronto : la photo de rue m'a souvent demandé de longues minutes voire heures de préparation, quitte à effectuer un repérage une première fois avant de revenir à l'heure où l'éclairage était plus propice. Mais chacun sait qu'une bonne lumière ou une composition originale se paient au prix de contorsions parfois acrobatiques et périlleuses (merci pour nos cervicales...) et surtout, de chaleurs ou de conditions météo qui sont souvent désastreuses. J'apprécie beaucoup la prise de vue en basse lumière ou sous éclairage artificiel, mais tous les mordus savent combien il est hasardeux de shooter la nuit avec une 200 ASA... même si les résultats valent le coup.
Pour cette prise de vue, je voulais une composition "à l'africaine" (de ces paysages que l'on croisent souvent lors des book photo ramené des bords du Nil ou du Niger) mais à la sauce chinoise. Pour relever encore davantage la difficulté, j'ai tenté d'aligner deux sujets en mouvement (l'un rapide : l'enfant en train de nager en arrière plan / l'autre lent : l'homme à l'épuisette au premier plan) avec néanmoins une profondeur de champ relativement grande pour saisir le tissu urbain et le fleuve en arrière plan. Cette vue fait donc partie de ce que j'appelais précédemment "les expériences". Le rendu est satisfaisant du point de vue technique, même si le tirage m'a permis de comprendre que le projet initial était irréalisable (obtenir un enfant en mouvement dont les traits se détachent malgré l'alignement visuel qui donne l'illusion qu'il est pris dans les filets). Du coup, le résultat final est comique, mais reste un exercice pratique et non un cliché exploitable. A noter qu'il m'aura fallu stationner à croupie pendant une demi-heure sous le soleil brûlant de midi pour obtenir l'alignement des sujets que je cherchais... Pendant ces longs instants à éponger ma sueur, je songeais à ces quelques lignes de la Fin des Temps qui font partie de ces descriptions de scènes absurdes que j'affectionne beaucoup :
"_ça va pas, ça ! hurlais-je à l'adresse du nain. Vous aviez dit que vous ne casseriez pas les trucs précieux, non ?
_ J'ai jamais dit ça, répondit tranquillement le nabot. Je t'ai juste demandé ce que tu avais de plus précieux. J'ai pas dit qu'on allait pas le casser. On casse en commençant par le plus important. Normal, non ?
_ Bon, ça va, dis-je, et je sortis du frigo une bière que je me mis à boire.
Puis, en compagnie du nain, je regardais le géant saccager de fond en comble mon confortable petit deux-pièce aménagé avec goût.
(...) J'avais de la chance dans mon malheur : le devant du canapé était presque intact.
Pour cette prise de vue, je voulais une composition "à l'africaine" (de ces paysages que l'on croisent souvent lors des book photo ramené des bords du Nil ou du Niger) mais à la sauce chinoise. Pour relever encore davantage la difficulté, j'ai tenté d'aligner deux sujets en mouvement (l'un rapide : l'enfant en train de nager en arrière plan / l'autre lent : l'homme à l'épuisette au premier plan) avec néanmoins une profondeur de champ relativement grande pour saisir le tissu urbain et le fleuve en arrière plan. Cette vue fait donc partie de ce que j'appelais précédemment "les expériences". Le rendu est satisfaisant du point de vue technique, même si le tirage m'a permis de comprendre que le projet initial était irréalisable (obtenir un enfant en mouvement dont les traits se détachent malgré l'alignement visuel qui donne l'illusion qu'il est pris dans les filets). Du coup, le résultat final est comique, mais reste un exercice pratique et non un cliché exploitable. A noter qu'il m'aura fallu stationner à croupie pendant une demi-heure sous le soleil brûlant de midi pour obtenir l'alignement des sujets que je cherchais... Pendant ces longs instants à éponger ma sueur, je songeais à ces quelques lignes de la Fin des Temps qui font partie de ces descriptions de scènes absurdes que j'affectionne beaucoup :
"_ça va pas, ça ! hurlais-je à l'adresse du nain. Vous aviez dit que vous ne casseriez pas les trucs précieux, non ?
_ J'ai jamais dit ça, répondit tranquillement le nabot. Je t'ai juste demandé ce que tu avais de plus précieux. J'ai pas dit qu'on allait pas le casser. On casse en commençant par le plus important. Normal, non ?
_ Bon, ça va, dis-je, et je sortis du frigo une bière que je me mis à boire.
Puis, en compagnie du nain, je regardais le géant saccager de fond en comble mon confortable petit deux-pièce aménagé avec goût.
(...) J'avais de la chance dans mon malheur : le devant du canapé était presque intact.
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