mardi 11 septembre 2007

Voleur d'âmes


Sont mises en lignes les quelques vues qui ont échappé au pilon et aux chutes (inévitablement très nombreuses) au retour de chaque petite virée dans les pays traversés... Ceci sans aucune prétention : quelques indications techniques (matériel, diaph/vitesse, pelloches utilisées) ou contextuelles (circonstances de prise de vue, pays concerné) accompagnent certaines prises de vue - avec, quand cela s'impose à ma mémoire, les quelques anecdotes autour d'un shot ou les difficultés que j'ai pu rencontrer pour shooter.

S'il faut se réclamer d'un faisceau d'influences (mais les choix de vie et nos pauvres moyens suivent rarement les préférences) je ne citerai que les plus grands, sans jamais perdre de vue qu'ils nous dépassent et nous dépasseront toujours (c'est tristement cruel mais plus souhaitable si l'on veut progresser). C'est à HCB et S. Salgado que je dédie ce petit tour d'horizon de mes quelques ambitions en photographie, en espérant que nul ne s'offusquera de les voir mentionnés ici.

Après des errement dont je ne regrette rien (l'errance est souvent un bon moyen de purger ses démons et de trouver sa propre voie), je dois en effet bien avouer que c'est au portrait en situation et à la photo à connotation "sociale" que va ma pratique et ma préférence. Ce n'est pas tellement original mais certaines des exigences que je peux nourrir vis à vis de ma propre pratique s'éclaircissent peu à peu qui me font croire qu'on peut proposer un matériau ancien (les hommes et leurs histoire) sans réinventer l'eau chaude en matière de composition ou de technique et néanmoins parvenir à un résultat qui sorte des sentiers battus. Je n'ai pas la prétention d'y arriver : j'essaie seulement de me trouver un petit style et ce, sans rejeter celui des autres ni nier leur talent.

Shooter des gens c'est voler leur âme : une métaphore qui n'est ni vaine, ni l'apanage des "pays où règne la superstition". J'ai bien conscience qu'en arrachant au vol des fragments de vie dans la rue, ce décor que j'affectionne beaucoup, je ne fais pas seulement que figer un instant de joie ou de malheur : une partie des vies a été enlevée, malgré l'anonymat. Combien de fois l'oeil indécent de l'objectif est venu interrompre un rire spontané chez les sujets photographiés ? C'est du vol. Et même ceux qui pensent qu'il est ridicule de croire qu'une image ne tue pas, devraient bien s'interroger sur ce qui motivent leur propre refus, lorsqu'on veut les prendre en photo.... du refus de ce qu'une photo puisse nuire à son image de marque, à l'idée que la chambre noire est une voleuse d'âme il n'y a qu'un pas... Que ceux à qui j'ai pris un peu de leur temps, de leur âme et de leur vie à travers mes errances me pardonnent.

K.

N. B. : les photos ont été scannées en basse réolution pour des raisons de droits d'auteur. Certaines (notamment celle qui sert à illustrer l'en-tête de ce message) ne m'appartiennent plus du point de vue des droits et sont désormais protégées par un copyright détenu par Lonely Journey. Toute personne susceptible d'être intéressé par l'acquisition des droits de ces photos (dont je détiens les originaux sout la forme de négatifs ou de dia) pourront me contacter pour savoir ce qu'il en est à l'adresse suivante : karlclausewitz@hotmail.com

Aucun commentaire: