lundi 12 novembre 2007

Et si quelqu'un, quelque part, pleurait pour moi ?

Juillet 2007.
Hameau de Heimahe, province du Qinghai (Chine).


Je n'ai plus beaucoup l'occasion ni le temps d'écrire en ce moment. Ce temps et l'envie reviendront. Je viens de relire quelques pages de Danse, Danse, Danse... En refermant le bouquin, j'ai finis mon verre d'Oban et j'ai fermé les yeux. J'aurai pu patienter. Attendre de percevoir, d'entendre les sanglots de quelqu'un pleurant pour moi. Je pourrais me mettre en quête d'Elle mais je crois que rien ne dure éternellement. Alors au lieu de rester les yeux fermés et d'attendre que la prochaine histoire démarre, j'ai posé mon verre, saisi le botin, et pris une place sur le vol Paris-Tokyo du 22 décembre. Ma désertion ne durera pas plus de deux semaines... mais qui sait ? Je pars sans idées préconçues et avec la ferme intention de vivre plus que de raison. Je pars avec le coeur léger et l'envie profonde d'être amoureux sans espérer quoi que soit. Ceux qui seront là en janvier, trouveront de nouvelles photos, de nouvelles histoires. A bientôt.


_ Merci, dit-elle, je me suis bien amusé. Je répondis que moi aussi je m'étais bien amusé. Elle fit tourner la clé dans la serrure, ouvrit la porte puis remit la clé dans son sac. Quand elle claqua le fermoir, cela fit un petit bruit métallique qui résonna dans le couloir. Puis elle me regarda fixement, comme si elle inspectait les données d'un problèmes sur un tableau noir. Elle hésitait. Elle était perdu. Elle avait du mal à me dire au revoir. Je m'appuyais d'une main au mur et attendis, mais elle n'arrivait pas à se décider. _ Bonne nuit. Dis bonsoir à ta soeur de ma part, dis-je. Elle serra les lèvres durant quatre à cinq secondes. _ Je t'ai menti, dit-elle d'une petite voix. En fait je vis seule. _ Je sais, dis-je. Son visage s'empourpra lentement. _ Comment le sais-tu ? _ Je ne sais pas, je l'ai deviné. _ Tu es bizarre, dit-elle calmement. _ Peut être, dis-je. Mais je t'avais prévenu au début, je ne fais jamais de choses qui déplaisent aux gens. je n'abuse jamais des situations. Ce n'était vraiment pas la peine de mentir. Elle hésita un moment puis se mit à rire, comme si elle s'avouait vaincue : _ Tu as raison, ce n'était pas la peine de mentir... _ ... Mais ? _ ... mais ça m'est venu naturellement. J'ai mes blessures, moi aussi, comme je te l'ai dit tout à l'heure. J'avais mes raison. _ Moi aussi j'ai mes blessures. D'ailleurs je porte un badge de Keith Harring à l'endroit du coeur. Elle sourit. _ Tu ne veux pas entrer boire un thé ? J'aimerai bavarder encore un peu avec toi. Je secouai la tête. _ Moi aussi j'ai envie de parler avec toi, mais aujourd'hui je vais rentrer. Je ne sais pas pourquoi, mais je pense que ce soir il vaut mieux que je reparte. Il me semble que toi et moi on ne doit pas parler de trop de choses d'un seul coup. Elle me regardait à nouveau fixement comme si elle déchiffrait de petits signes sur un tableau noir. "Je ne saurais pas t'expliquer pourquoi, mais il me semble que vraiment c'est mieux comme ça, dis-je. Quand on a beaucoup de choses à se dire, il vaut mieux y aller petit à petit. Je le pense vraiment. Je peux me tromper, remarque". Elle réfléchit un moment à ce que j'avais dit. Puis elle renonça. _ Bonne nuit dit-elle avant de refermer doucement la porte. Je fis une tentative pour la rappeler. _ Dis ! La porte s'entrebâilla de quinze centimètres, son visage apparut. _ Je pourrai t'inviter à nouveau dans les jours qui viennent ? demandai-je à tout hasard. La mais sur la poignée, elle poussa un profond soupir. _ Peut-être, dit-elle, puis elle referma la porte.



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