Chengdu, Province du Sichuan, Chine
Quand vous éteignez le poste, nous nous mettons à parler dans votre dos
Qu'est-ce qui cloche avec l'esprit humain dès qu'on lui parle d'irréversible ? Qui n'a jamais perdu les pédales et fait volte face, pris de panique, en comprenant que la voie prise signifie l'abandon des autres possibilités. La liberté de choix et le libre arbitre occasionnent une singulière dialectique sur ce terreau torturé qu'est l'esprit humain. Le schéma est simple :
_ nous voulons un champ des possibles vaste, nous voulons la liberté de choisir parmi ces possibilités.
_ Mais trop de choix entraîne structurellement la mort de la liberté : devant l'inflation, le libre arbitre perd les pédales, se voit dans toute son inutilité. pour peu qu'une once de raison s'empare de notre esprit et nous songeons : "Tous ces choix ne me servent de rien : à quoi bon un éventail infini de possibilités si je ne sais que choisir".
_ Il ne reste qu'à maudire ce no man's land de liberté dans lequel nous nous sommes emprisonné nous-mêmes, et à choisir une voie que nous avions déjà prévu de prendre... voie qui, dans le meilleur des cas, s'avère être le résultat d'une réflexion raisonnable et tend à s'orienter vers un bien... mais qui bien plus souvent, n'est qu'un choix par défaut.
Notre attitude face aux choix de la vie est celle d'un enfant qui a déjà le cadeau qu'il veut, mais en réclame d'autres pour feindre la noblesse du choix, donner à voir son pouvoir de décision, exhiber sa chance, se vanter du caractère abondant de son existence.
Nous sommes en quête d'absolu, mais nous oublions trop souvent que l'âme et le coeur humains n'ont jamais été programmés ni conçus pour tenir et faire face à la liberté.
Dans ces conditions, la liberté est-elle autre chose qu'une aliénation ? Faut-il aller chercher si loin des solutions capilotractées, des remèdes exotiques ou des festins d'occasions pour se sentir vivre ?
Nous oublions trop souvent que nos choix sont déjà fait lorsque se pose le problème. Nous feignons d'ignorer combien il est vain de réclamer encore et encore des possibilités alors que nous n'ignorons rien du problème réel : nous ne savons pas ce que nous voulons, nous ne pouvons, partant, point savoir ce qui est le mieux pour nous.
Non, Monsieur Sartre avait raison. Nous n'avons jamais été aussi libre que sous l'Occupation. La liberté ne s'exerce pas lorsque règne la sécurité et le choix. Elle est à embrasser dans les choix difficiles et restreints de la contrainte. C'est précisément lorsque toute solution satisfaisante a vraiment disparu et qu'il ne reste que les options méprisées sur la table que le choix se fait. C'est lorsque les contraintes nous forcent à garder la tête froide. Face à l'immensité du champ des possibles agréables, nous ne sommes pas libres, car le labyrinthe finit toujours par déboucher sur ce que nous voulions. Le vrai choix n'est pas lorsque nous tergiversons sur les moyens à prendre pour se rendre à un but dont nous savons que nous l'atteindrons à coup sûr. Le vrai choix c'est lorsque l'issue n'est pas connue, lorsque rien n'est gagné d'avance et que la destination finale demeure dans l'ombre. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'une telle situation fait appel à une décision qui requiert de savoir où l'on veut aller, autrement dit, savoir ce que l'on est, ce que l'on vaut, ce que l'on veut.
La liberté ne s'exerce pas lorsque nous pinaillons sur les moyens d'envoyer la fusée sur Mars. La liberté commence lorsque nous nous demandons s'il ne serait pas mieux pour nous d'aller sur Vénus, peu importe les moyens.
S'affranchir ne signifie pas lâcher le réel pour un idéal fou, mais chercher à connaître ses propres limites, ses propres capacités, ses désirs et ses ambitions.
Lorsque je regarde dans le rétroviseur, je vois les courbes laissées dans mon sillage qui dessinent des trajectoires improbables, souvent brisées et absurdes dans leur cheminement. je vois des écarts qui semblaient perdus d'avance et bien peu d'empreintes de pas sur la terre des sentiers battus. Je ne crois pas avoir tant cherché à faire l'original ces quelques années de mon existence. Je ne pense pas qu'il y ait quelque raison de me reprocher ce manque de logique apparent, pas plus qu'il n'y a de raison pour moi d'en tirer une quelconque vanité. Comme nous tous, j'erre, mais je sais que ces errements apparents obéissaient tous, à un moment précis de mon histoire, à une logique bien réelle. Je sais que ces itinéraires poursuivaient des destinations folles mais que je ne suis pas fou. Non monsieur Randolph Hearst, il n'est pas vrai que ce qui sépare le génie de la folie se mesure à l'aune du succès. A moi il me suffit de savoir que chacune de ses péripéties correspondait à ce que je voulait faire pour aller vers un but que je considérais alors comme le mieux pour moi. Il me suffit de savoir ce que j'en retire, ce que j'ai appris de mes capacités, ce que j'ai découvert que j'aimais.
Je ne sais pas si je suis libre, mais j'aime créer les conditions de ma liberté. J'aime à penser qu'un chemin balisé est trop fade pour être suivi et qu'il vaut mieux faire la route de nuit. Je ne suis souvent pas à la hauteur, mais je crois que je déteste les décisions confortables. "Ne viens pas te plaindre après de tes déroutes, mon ami" me disent les gens de mon entourage. C'est vrai, je ne peux pas et ne devrait pas me plaindre.
Ce soir, c'est encore une situation abyssale au dessus de laquelle je me débats comme un imbécile. Je l'ai cherchée mais j'ai tellement appris... Ce soir, je sais qu'aimer quelqu'un, savoir que cette personne a des qualités, connaître ses défauts est une chose mais que tout ceci n'implique pas (et il s'en faut de beaucoup) la viabilité d'une relation avec cette personne. L'irréversible me terrasse de peur une fois de plus. Car le voilà le drame humain classique : celui des trajectoires brisées, des renoncements. Ce qui nous navre, c'est cet éternel décalage qu'il y a entre le champ des possibles que nous inspire quelqu'un et la dure réalité de la relation concrète avec lui ou elle. Voilà pourquoi je n'ai jamais renoncé aux relations difficiles : il me semble que le champ des possibles avec quelqu'un est inversement proportionnel au bonheur que cette personne nous apporte dans la réalité.
Pour le Pérou, j'avais trop restreint le champ des possibles... cette fois, il y avait sans doute beaucoup trop de possibilités. La prochaine sera la bonne, sinon la suivante. Allons, point de chagrin, où est le drame d'un échec si l'on comprend ce qui a posé problème ? Où est le drame d'un échec si l'on a veillé à ne pas y laissé trop de plumes ? où est le drame d'un échec lorsque on n'a pas 15 ans de vie commune à sauver ?
La vie est merveilleuse
_ nous voulons un champ des possibles vaste, nous voulons la liberté de choisir parmi ces possibilités.
_ Mais trop de choix entraîne structurellement la mort de la liberté : devant l'inflation, le libre arbitre perd les pédales, se voit dans toute son inutilité. pour peu qu'une once de raison s'empare de notre esprit et nous songeons : "Tous ces choix ne me servent de rien : à quoi bon un éventail infini de possibilités si je ne sais que choisir".
_ Il ne reste qu'à maudire ce no man's land de liberté dans lequel nous nous sommes emprisonné nous-mêmes, et à choisir une voie que nous avions déjà prévu de prendre... voie qui, dans le meilleur des cas, s'avère être le résultat d'une réflexion raisonnable et tend à s'orienter vers un bien... mais qui bien plus souvent, n'est qu'un choix par défaut.
Notre attitude face aux choix de la vie est celle d'un enfant qui a déjà le cadeau qu'il veut, mais en réclame d'autres pour feindre la noblesse du choix, donner à voir son pouvoir de décision, exhiber sa chance, se vanter du caractère abondant de son existence.
Nous sommes en quête d'absolu, mais nous oublions trop souvent que l'âme et le coeur humains n'ont jamais été programmés ni conçus pour tenir et faire face à la liberté.
Dans ces conditions, la liberté est-elle autre chose qu'une aliénation ? Faut-il aller chercher si loin des solutions capilotractées, des remèdes exotiques ou des festins d'occasions pour se sentir vivre ?
Nous oublions trop souvent que nos choix sont déjà fait lorsque se pose le problème. Nous feignons d'ignorer combien il est vain de réclamer encore et encore des possibilités alors que nous n'ignorons rien du problème réel : nous ne savons pas ce que nous voulons, nous ne pouvons, partant, point savoir ce qui est le mieux pour nous.
Non, Monsieur Sartre avait raison. Nous n'avons jamais été aussi libre que sous l'Occupation. La liberté ne s'exerce pas lorsque règne la sécurité et le choix. Elle est à embrasser dans les choix difficiles et restreints de la contrainte. C'est précisément lorsque toute solution satisfaisante a vraiment disparu et qu'il ne reste que les options méprisées sur la table que le choix se fait. C'est lorsque les contraintes nous forcent à garder la tête froide. Face à l'immensité du champ des possibles agréables, nous ne sommes pas libres, car le labyrinthe finit toujours par déboucher sur ce que nous voulions. Le vrai choix n'est pas lorsque nous tergiversons sur les moyens à prendre pour se rendre à un but dont nous savons que nous l'atteindrons à coup sûr. Le vrai choix c'est lorsque l'issue n'est pas connue, lorsque rien n'est gagné d'avance et que la destination finale demeure dans l'ombre. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'une telle situation fait appel à une décision qui requiert de savoir où l'on veut aller, autrement dit, savoir ce que l'on est, ce que l'on vaut, ce que l'on veut.
La liberté ne s'exerce pas lorsque nous pinaillons sur les moyens d'envoyer la fusée sur Mars. La liberté commence lorsque nous nous demandons s'il ne serait pas mieux pour nous d'aller sur Vénus, peu importe les moyens.
S'affranchir ne signifie pas lâcher le réel pour un idéal fou, mais chercher à connaître ses propres limites, ses propres capacités, ses désirs et ses ambitions.
Lorsque je regarde dans le rétroviseur, je vois les courbes laissées dans mon sillage qui dessinent des trajectoires improbables, souvent brisées et absurdes dans leur cheminement. je vois des écarts qui semblaient perdus d'avance et bien peu d'empreintes de pas sur la terre des sentiers battus. Je ne crois pas avoir tant cherché à faire l'original ces quelques années de mon existence. Je ne pense pas qu'il y ait quelque raison de me reprocher ce manque de logique apparent, pas plus qu'il n'y a de raison pour moi d'en tirer une quelconque vanité. Comme nous tous, j'erre, mais je sais que ces errements apparents obéissaient tous, à un moment précis de mon histoire, à une logique bien réelle. Je sais que ces itinéraires poursuivaient des destinations folles mais que je ne suis pas fou. Non monsieur Randolph Hearst, il n'est pas vrai que ce qui sépare le génie de la folie se mesure à l'aune du succès. A moi il me suffit de savoir que chacune de ses péripéties correspondait à ce que je voulait faire pour aller vers un but que je considérais alors comme le mieux pour moi. Il me suffit de savoir ce que j'en retire, ce que j'ai appris de mes capacités, ce que j'ai découvert que j'aimais.
Je ne sais pas si je suis libre, mais j'aime créer les conditions de ma liberté. J'aime à penser qu'un chemin balisé est trop fade pour être suivi et qu'il vaut mieux faire la route de nuit. Je ne suis souvent pas à la hauteur, mais je crois que je déteste les décisions confortables. "Ne viens pas te plaindre après de tes déroutes, mon ami" me disent les gens de mon entourage. C'est vrai, je ne peux pas et ne devrait pas me plaindre.
Ce soir, c'est encore une situation abyssale au dessus de laquelle je me débats comme un imbécile. Je l'ai cherchée mais j'ai tellement appris... Ce soir, je sais qu'aimer quelqu'un, savoir que cette personne a des qualités, connaître ses défauts est une chose mais que tout ceci n'implique pas (et il s'en faut de beaucoup) la viabilité d'une relation avec cette personne. L'irréversible me terrasse de peur une fois de plus. Car le voilà le drame humain classique : celui des trajectoires brisées, des renoncements. Ce qui nous navre, c'est cet éternel décalage qu'il y a entre le champ des possibles que nous inspire quelqu'un et la dure réalité de la relation concrète avec lui ou elle. Voilà pourquoi je n'ai jamais renoncé aux relations difficiles : il me semble que le champ des possibles avec quelqu'un est inversement proportionnel au bonheur que cette personne nous apporte dans la réalité.
Pour le Pérou, j'avais trop restreint le champ des possibles... cette fois, il y avait sans doute beaucoup trop de possibilités. La prochaine sera la bonne, sinon la suivante. Allons, point de chagrin, où est le drame d'un échec si l'on comprend ce qui a posé problème ? Où est le drame d'un échec si l'on a veillé à ne pas y laissé trop de plumes ? où est le drame d'un échec lorsque on n'a pas 15 ans de vie commune à sauver ?
La vie est merveilleuse
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