jeudi 28 février 2008

World transition, even next door.



En rentrant au foyer familial, je me suis aperçu que le décors changeait rapidement depuis ces dernières années. Il m'est presque impossible de reconnaître certains paysages qui ont pourtant bercé mon enfance. Des endroits pas particulièrement attrayants mais qui faisait partie des meubles et que j'avais pris l'habitude de considérer comme immuables. Une amie chilienne m'a récemment fait remarquer qu'il serait bon, à la veille d'un départ que je souhaite et perçois comme une nécessité de plus plus urgente pour mon équilibre mental, de résoudre certaines choses avant. Nous sous-estimons souvent l'importance des lieux que nous fréquentons, que nous traversons, parfois même que nous méprisons. Une fois encore la construction identitaire s'élabore aussi par rejet... Qu'arrive-t-il lorsque ce que nous détestons et qui nous fédérait ou nous permettait de détourner le regard des problèmes réels disparaît ?

Cette amie m'a dit deux choses que je retiens :

_ Au fond, peu importe la contrainte du décors sous laquelle on vit, ce qui importe, ce de choisir l'enfer qu l'on veut habiter. Aucun endroit de la planète ne saurait rester idéal dès lors que l'on y habite. la découverte et la connaissance d'un lieu sont toujours éphémères, et la nature humaine serait plutôt nomade. Mais le sédentarisme est une chose dont on s'accomode dès lors que l'on a choisit l'endroit pourri où l'on veut se fixer. L'âme humaine est très simple au fond.
_ "Tu vis à Paris, plus généralement, la France est ta vraie patrie. Mais tes gènes sont en éveil lorsque tu vas te promener du côté de l'Asie." Ne cherche pas à comprendre davantage pourquoi la Corée du Sud joue un rôle de repoussoir ou t'effraye : plus ou moins consciemment il y a une part de toi qui doit se dire quelque chose comme : l'endroit où je veux vivre ne peut être ni la France ni la Corée : choisir l'un ce serait le faire au détriment de l'autre. Ce serait renoncer à reconnaître symboliquement l'une des deux entités territoriales (l'une qui m'a donné la vie, l'autre qui me l'a apprise). Alors peut être qu'il n'est pas nécessaire de s'étonner du pourquoi de la Chine. un entre-deux commode, un moyen terme.

Avec quelques nuances, j'avoue que je partage quelque peu cette analyse. En tous les cas, une chose est sûre : en voyant disparaître ces ruines de mon enfance, j'ai eu un peu mal. Avec cela, je repense à toutes ces occasions que j'ai eu et aux destinations que je n'ai pas prises. Je me demande si j'aurai dû coucher avec ces femmes, si j'aurai dû prendre ces voies, si j'aurais dû m'installer en ces lieux.. C'est le sujet de ce texte en fait.

J'ignore la réponse. Même aujourd'hui, je ne sais toujours pas. Après toutes ces années, toutes ces expériences accumulées, il reste tant de chose que j'ignore. Simplement, depuis la fenêtre du train, je lève le regard vers ce qui semble être les fenêtres que je n'ai pas ouvertes. Mais même ces potentialités deviennent étonnamment floue avec le temps. Tant mieux peut être. Il y a des jours où n'importe quelle fenêtre de cet immeuble pourrait être la mienne, et d'autres fois, pas une seul n'y ressemble. Cet immeuble a bien trop de fenêtre de toutes façon.

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