dimanche 9 mars 2008

En route Antoine, ouvre-nous donc les portes d'Istambul et de ton Harem !


Août 2007,
Chengdu, Province du Sichuan, Chine
Are you scared mon ? just wait the curtain to open

Allons bon, voilà que mon entourage familial s'affole de ma péremption prochaine sur le marché matrimonial ! J'en rigole, mais il y a tout de même un point de vérité dans ce qu'ils m'ont dit : voilà presque 4 mois que je fais l'ours. Voilà un an et demi que je m'enferme et que je vis sur des acquis. Voilà deux ans que je leur fais le même coup : en octobre, les bonnes résolutions, en décembre le plan qui va tout faire foirer, en janvier le démenti formel du changement de programme et l'euphorie, en mars le grand n'importe quoi, la bérésina quoi. Alors comment redonner du punch à mon existence ?

Voici quelques heures, ma soeur et moi sirotions respectivement un sandwich au thon et un jus de pomme dans le hall de gare de Nancy... "tu devrais arrêter de te voir en transit et d'être un homme dans les moments qui t'arrangent JK" m'a dit la frangine. Elle n'a pas tort.

Décidément, ça fait deux coups où la famille fait mouche... moi qui n'attendait que du repos de cette retraite vosgienne. En fait, je sens qu'il y a effectivement deux points sur lesquels je peux avoir un peu d'ascendant au cours de ce mois pénible qui m'est imposé :
_ Reprendre une vie sociale
_ Poser mes bagages, me trouver moi-même et ne pas faire dépendre cette construction du soi d'un projet sur le long terme.

"Au fond, tu seras bien heureux d'être déjà arrivé à un résultat satisfaisant en terme d'améliorations personnelle et comportementale si tu es pris en Chine ou ailleurs... pourquoi ne pas commencer maintenant ?"Elle n'a pas tort la frangine.

Mais moi ce qui me préoccupe le plus en ce moment c'est plutôt comment parvenir à accélérer la procédure d'oubli. Une fois encore, je dois admettre qu'il y a beaucoup de creux et de vide derrière des concepts comme l'oubli une fois transposé dans le domaine de la vie vécue. Pourquoi cela ? Pourquoi ne puis-je souhaiter l'oubli ? Parce que souhaiter oublier et vouloir effacer, c'est tout simplement aspirer à un soulagement, à une délivrance, à une rémission. Or force est de convenir d'une chose : le vrai oubli ne peut survenir que lorsque les enjeux ont disparus. Le vrai oubli n'est jamais une délivrance mais le passage de la tension à l'indifférence. Si l'oubli est vécu comme une délivrance, alors il s'annule de lui même. on ne peut oublier en étant soulagé car être soulagé ne fait qu'attester de la blessure encore ouverte. Voilà pourquoi l'oubli n'est jamais le résultat d'une démarche volontariste mais le résultat imprévisible d'une entreprise de divertissement (au sens pascalien du terme). C'est parce que l'on a cherché et que l'on est parvenu à remplir l'espace jadis occupé par des enjeux douloureux , par de nouveaux visages, de nouveaux projets, que l'on parvient à l'oubli. L'oubli n'est pas un concept actif, c'est un résultat. "Oublier" en français, est un verbe-action. Tout du moins, la langue le laisse croire. En fait, il n'en est rien : l'oubli est réel mais oublier est un verbe qui ne devrait pas s'employer autrement qu'au passé et pour parler d'un sujet qui n'est pas celui qui parle. On ne parle pas de ses oublis. On ne parle pas d'oublier. On a oublié.

Puisque l'oubli ne viendra jamais sous mes yeux, et puisqu'il faut changer la décoration et repeupler l'espace pollué, je ne vois qu'une solution : tracer des perspectives... Et j'en vois de sacrément bonnes se profiler ! Que ce soit dit :

Antoine, ouvre nous les portes d'Istambul !
Reprenons les sorties si formatrices que nous avions E et M. !
Marie Pétula, j'ai hâte de voir ce que ça donne une soirée parisienne !
Monsieur Perno, j'ai hâte de vous apporter des nouvelles de Camile dans votre Kyoto adoptif !
On se prend un café à Kobe, Tomoyo ?

Et tant d'autres choses encore... Merde à ceux qui pensent que l'exhibitionnisme du bonheur est obscène. Avant d'être heureux, il faut souvent commencer par s'en convaincre !

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