mercredi 28 mai 2008

Hang on 我国

July 2007,
Xi'an, Sha'anxi Province, China
"watchin' over patrimony"


Je commence à être fatigué de voir la France s'humilier dans d'interminables manifestations pour la libération du Tibet. Je suis bien d'accord que le sort des Tibétains est tout sauf enviable et que les vexations et exactions de la police chinoise ou de l'armée à l'encontre des minorités nationales est une atteinte grave aux droits de la personne, mais on ne peut pas boycotter ou protester contre des Jeux Olympiques attribués à la Chine en toute connaissance de cause alors qu'on signe par derrière des contrats avec elle... Il est malhonnête de s'acharner contre la Chine qui prend des vies humaines quand les JO d'Atlanta ont jeté un voile pudique sur l'existence de la peine de mort dans certains Etats du Sud.... Il est devenu un peu trop commode et facile de réclamer l'indépendance du Tibet et d'embrasser une cause en France pour donner un visage convenable à une xénophobie et une sinophobie liées à la crainte de voir le géant grandir....

Je suis las de tant de convenu dans la dénonciation du tyran... Le peuple chinois vit lui aussi des vexations policières et militaires quotidiennes ; comment pourrait-il comprendre que nous réclamions pour les seuls Tibétains un meilleur sort ? Avant de jeter une pierre facile, apprenons à appréhender intelligemment l'Empire du milieu et sa situation sociale... Il est l'heure des comptes : que le prochain qui a été sur le terrain et parle en connaissance de cause me réveille : je vais faire une sieste qui risque de durer pas mal de temps.

dimanche 18 mai 2008

18 and a half FRanzy Atomic cakes !

Mai 2008
Kii-Katsuura harbour, Mie prefecture, Kansai Province, Japan
"Fuel for life"



La vie a soudain un drôle de goût : plus de Greg.... il m'arrive de me demander à quoi j'ai bien pu occuper mes printemps ces 5 dernières années... Lorsque mes motifs de stress deviennent des sources d'excitation dont je n'ai pas envie de me plaindre, c'est qu'il doit y avoir quelque chose comme des choix qui sont enfin les miens.
Je rêve d'une glace sur les bords de la digue. Je voudrais rouler en Jimmy et écouter son silence.


mercredi 14 mai 2008

Après le tremblement de terre

Mai 2008,
Ise shi Ltd Express, Mie Prefecture, Kansai province, Japan
kami no kodomotachi wa mina odoru


China's mourning its losses, and the amount stack of deaths is still increasing. 3 000 second chock earthquakes subsequences were felt since the 7.8's seminal Richter. Better than writing pages and pages about this national tragedy, my thoughts go to Sichuanese friends who drank the drunk. Hang on Loft Staff and take care of you all. French might be stupid regarding OG but nobody's to wish such a disaster to anyone.

ADD-ON PRÊT
"ENFANCE GÂCHÉE, ENFANTS POURRIS"
RUBRIQUE "ARTICLES" DE
http://www.pickpocketinglives.org/


mardi 13 mai 2008

I've got a wooden dragonfly on my desk

Avril 2008,
Sega center, Kanazawa, Japan
Dream a little dream


Un jour de plus, 24 heures de moins. je me couche quand elle se lève. La vie sur pilotis, toujours et encore... T. ma drogue, ma colère... Comment pourrais-je me passer de ce décalage qui absorbe ma propre incapacité à m'adapter à mon environnement ? Comment pourrait-il y avoir la moindre chance pour que je renonce à ce rythme qui semble donner un sens à ma vie quand celle-ci n'a rien que de décousu et d'inachevé ?

Je suis un bébé de la consigne automatique mais quelqu'un a glissé la clef à l'intérieur par la fente de l'évent. Comment fait-on lorsqu'on sait comment sortir, quand on a les outils pour mais en étant du mauvais côté ? Les grands ne nous ont pas appris à faire ça. Ils ont posé la main sur nos têtes chevelues et nous ont parlé des principes et des règles. Ils nous ont enseigné à sortir du lot et à consigner nos ressources et secrets. Je ne me rappelle plus comment en exhume cela. Je n'ai jamais appris à offrir un cadeau, à réouvrir le casier et faire usage de ce que j'ai accumulé. Le temps a empilé des livres dans ma mémoire, des images, des gens. Je ne sais plus très bien ce que je dois en faire. Je ne sais pas ce que j'en attends.

Personne n'a tenu sa promesse : le premier des deux qui dormait devait réveiller l'autre. Au final, nous avons tous une sale tronche en émergeant et surtout.... tout ce temps perdu... T. mon souffle, ma haine ensevelie, ma force raisonnée, merci pour ce rêves vécu les yeux grands fermés. Relève ton col Sensei des îles, le vent souffle.


Un cargo part pour la Chine,
Je voudrais le prendre avec toi,
En réserver les cabines,
juste pour toi et moi.



samedi 10 mai 2008

That's something you can take medications for, you know ?

April 2008,
Wajima Harbour area, Noto Peninsula, Kanazawa-ken, Japan,
"Dessine-moi un mouton"


L'Alma Mater est malade... ses desservants sont les enfants terribles de tous âges qui en ruinent la réputation autant pas accident que par malveillance égoïste.
Dans quelques mois je pars sur le terrain pour honorer la fama d'une institution qui nous offre la possibilité de faire ce que nous aimons et d'en vivre... Mais mes lectures me conduisent chaque jour un peu plus dans des affres de doutes : sommes-nous si seuls à penser qu'il importe de faire un travail proprement et d'y mettre du coeur à l'ouvrage ? Sommes-nous si seuls à le choisir par vocation ? Sommes-nous si stupides de croire à l'oeuvre pionnière, au travail de terrain, aux vertus du mérite patient ?
Je n'ai pas de réponse ; comme disait une amie, s'ils sont si nombreux à penser le contraire... sommes-nous sûrs qu'ils n'ont pas raison ?
Rien ne m'empêchera néanmoins de continuer à croire en ce que je fais. Je m'acharne sans doute à tort, mais pour moi, morphler sur le bord des rizières quand la nuit tombe en rase campagne est tout autant une preuve de travail accompli avec conscience et dévotion que fréquenter assidûment les bibliothèques métropolitaines.
En vérité, je ne sais pas pourquoi je me lance dans l'aventure thésarde. Sans doute par orgueil ; certainement aussi par envie ; peut-être pour me sentir vivre... Mais je n'ai pas la prétention de révolutionner le savoir, ni de faire art ou oeuvre originale. Je sais que je ne lègue rien, je n'apporte pas grand-chose. Alors si c'est pour "du beurre"... pourquoi ai-je cette douce impression qu'il faut le faire ? Sans doute parce que la vie est courte et que courir les routes de Chine m'apporte du bonheur. Sans doute parce que je pressens qu'il y a là bas une abondante récolte de clichés, ces petits bouts d'existences et de destins que je collectionne sur mes rouleaux depuis quelques années... Sans doute aussi et surtout parce que je crois, d'une intuition qui semble folle à beaucoup, que ma vie se construira sur les bords de la mer Jaune : sur la côte ou dans les îles....

En route Enfants de yams, le yourte est reparti.

jeudi 8 mai 2008

I'll meet you on the morning side, if you wake up

Avril 2008,
Wajima Fishermen's place, Noto Peninsula, Kanazawa-ken, Japan.



Je dois revoir mon agenda : Heilongjiang expedition 2008 va peut être connaître quelques modifications notoires mais le travail doit demeurer une priorité. En revanche, je sais une chose : nous allons nous revoir, à Hong Kong, Seoul, Macao, Paris ou ailleurs. Nous allons nous revoir et nous ferons de notre mieux pour donner corps à ce qui n'est qu'une ébauche. Le temps n'est rien lorsque chacun sait attendre ; le temps n'est que de la chance.

Il n'est jamais très difficile de traverser la rue : la vraie question est de savoir qui est là à vous attendre de l'autre côté. Je crois savoir, et depuis que je le sais, je ne regarde même plus le feu tricolore ou le signal piéton : j'accours.

Ma vie serait-elle en train d'acquérir une forme d'équilibre ? Peut-être, mais si c'est le cas, je ne peux que m'incliner devant une vieille intuition : il est des choses qui ne dépendent pas de moi et être heureux tout seul n'est pas toujours possible. Puisse les vents nous emmener loin Elle et moi.