mercredi 30 juillet 2008

Inner Mongolia

July 2008,
Dongbei Kuaiche, China
Dream a little dream


After a month spent among Chinese smog, it's time to come back home and face the music.

I need a sleep, a bed and a shower. I need to ease up my boiling up nervous system. I need a hug from Her and luckily, she's incoming. 5 days from now, I will be picking her up at the airport for a European tour... Germany, Normandy, Holland, maybe Spain...

My last hours in Chengdu are fading up slowly as the sun is setting down. From the rooftop of the building where I stand, watching at my clothes drying, I'm listening for a last time the sounds of the nights. Those spicy aromas and heavy flavours floating into the air, the steps of people rushing to restaurants and the honk concerts raising up from Tianfu square. It's been a year already since all these things seems so familiar to me...

Talking with a Mexican tonight made me realize I wasn't coming back with empty hands. I discovered many things and collected more datas I was thinking... I even started to think my topic of researches could be a really interresting... My confidence is coming back as the path leading home is getting shorter.

Thanks to all of those who took some little time to read thoses posts and to follow this blog. After such a full month, I might stay a little quiet for awhile and start again writing my novel's project... My mind is full of chapter's material and I'm longing for an intimate afternoon...

The rain is still pouring down.

lundi 28 juillet 2008

Misere au soleil


Retour a la case depart...
Je suis de retour dans le Sud... Peu avant de quitter le Nord Est, je suis retourne voir le centre ville de Haerbin, ses shopping malls et ses immeubles rafraichis, ses vendeurs a la sauvettes et son monument en hommage aux victimees des crues du Songhuajiang... La misere est bien la et le Nord Est a fort a faire pour en sortir. A l'ombre des etals ou des devantures de luxe, les SDF s'entassent un peu plus et le pire est avenir, car la temperature chute des la fin du mois d'aout. L'hiver sera meurtrier.
Sans cette photo prise en depit de toute la morale et la pudeur que mon education m'a confere, j'aurai sans doute commence par celebrer, avec ce post, le soulagement d'avoir reussi mon premier terrain en territoire frontalier ainsi que mon 75eme decollage en avion de mon existence. Mais comme cela m'avait pris il y a un peu plus de quatre ans au Perou, je decouvre que l'injustice sociale et les difficultes humaines ne me laissent pas aussi indifferent que je le croyais. Puisse un jour ces decollage servir a apaiser un peu cette misere que je croise, et cesser de n'etre que le tremplin de ma vie en l'air.



July 2008,

Shandong sky, China.

75 times since Anchorage....


Tristes trains... 1/3

July 2008,
Changchun-Harbin Kuaiche.
un homme fatigue sous tous rapports


Voici un peu plus d'un an, Vincent Fontaine remportait le prix des Chroniques nomades de Honfleur pour son reportage construit avec des cliches du transsiberien. Les photos en etaient simples et denuee de tout artifice. Des cliches pris a la derobees dans des atmospheres souvent vaporeuses et somnolentes, celle des trains tres longues distances qui avalent les centaines de kilometre sous le regard impassibles des voyageurs las. Beaucoup de grain, des flous artistiques savamment maitrises et des hasards heureux...J'ai toujours aime les trains. pas seulement les regarder, mais les prendre. Je crois que c'est un virus que l'on contracte facilement si l'on s'amourache des pays en voie de developpement et que l'on aime la photo a la derobee et en huis clos basse lumiere. Je me rappelle de ce roman Chilien Tous les Trains s'en vont au purgatoire.. un regal d'atrocite et de noirceur qui semble se repeter dans ces couloirs sombres ou faiblement eclaires avec un parfum de poubelle et de cigarette en suspension. Vincent Fontaine a fait beaucoup avec peu. Je me suis inspire de son travail pour prendre ces quelques cliches qui sont sans doute les derniers de la recolte pour cette annee.
Merci a tous ceux qui ont suivi ces quelques recits du nord. Merci a Flo pour son soutien moral et ses precieux conseils. Merci a ma petite planteuse d'agrume pour ce qu'elle m'apporte.





Tristes trains .... 2/3





Tristes trains.... 3/3




samedi 26 juillet 2008

De rouilles et de ruines

July 2008,
Tumen, Yanbian Chaoxian, Jilin Province, Dongbei, China,
Le declin de l'Empire Romain

Dernieres heures a Tumen.


Profitant d'un temps couvert et de quelques ondées qui ont rendu supportable le milieu de journée, je suis allé me promener dans les quartiers precaires du Sud Ouest de la ville... Ceux-la meme que Lou Ye a filmé, camera a l'épaule pour son film Une Jeunesse chinoise. Du haut de cette partie de la ville, cise sur les hauteurs et dont les ruelles étroites et serpentant a travers des monceaux d'ordures me rappellent étrangement le Sud Ouest de Cuzco au Perou, je suis retourné voir et photographier ce qui est interdit : la porte ferroviaire orientale vers la Corée du Nord. Un gigantesque arc de beton armé et un pont de poutrelles sombres qui enjambe la riviere Tumen vers le sud et la péninsule coréenne.



Au pied de ces quartiers, la ville fait place nette pour ces projets urbanistiques démentiels. Les vieilles demeures sont rasées et les matériaux scrupuleusement reemployés. Parmi les décombres des vies ruinées, les souvenirs d'existence passées et présentes, des petits morceaux de temps éparpillés par le vent ou la pluie gisent sur le sol ou aux pans de murs qui attendent d'etres abattus.









Un parfait décors pour faire entrer meme les lointaines périphéries de l'Empire du milieu dans l'histoire du XXIe siecle. Un décors de marbre et de verre flambant neuf aux dimensions inhumaines... un vetement d'apparat trop ample dans lequel la petite population du Yanbian Chaoxian flotte... un visage au sourire glacial des matériaux de construction sur lequel la jeunesse chinoise n'en finit pas de s'élancer en croyant a sa bonne fortune.




vendredi 25 juillet 2008

Puisse le manege des illusions perdues tourner encore longtemps

Le bilan de ce deuxieme sejour en Chine est ambigu aigre-doux. Je n'ai pas su adopter beaucoup de recul. Je n'ai pas su marchander ni m'adapter aussi rapidement que la premiere fois. Je suis reste prisonnier de beaucoup d'idees preconcues et surtout, j'ai eu trop peur de perdre ce que j'avais commencer de rever. Je n'ai plus mes idees romantiques pour lesquelles j'ai pose le pied pour la premiere fois en Chine il y a moins d'un an de cela. Mais je ne regrette rien. "Aussi longtemps que l'on a pas a faire des affaires ou a travailler avec les Chinois, l'Empire du milieu ne lasse personne". Mais devoir etre ici en mission et recolter des donnees qui supposaient un rapport souvent conflictuel et agonistique des relations humaines m'a traumatise nerveusement et j'ai souvent fait marche arriere sans me soucier des questions d'ego par peur de perdre mon terrain pour les demarches prochaines. Je reviens vaincu par la Chine.
Cependant, je ne regrette rien. La Chine est un paradis qui fera toujours rever, ou je me sentirai toujours a l'aise ou content parce qu'elle est un reservoir inepuisable d'existences et de depaysement. Elle sera toujours une compagne que je rejoindrai avec agrement quand bien meme elle ne voudrait plus de moi car on peut se lasser des ames ou des consciences mais pas d'un tel bloc spirituel qui restera toujours l'incarnation d'un formidable inconnu.
Dans moins d'une semaine, je ferai de nouveau route vers la vieille Europe dont je ne croyais pas qu'elle me manquerait autant. Des kilos de livres et de journaux m'y attendent ainsi que ma culpabilite pour ne pas avoir suffisamment travaille mon Chinois avant de partir. Au moins les choses sont claires : les pistes de recherches sont inscrites desormais et il y a du pain sur la planche cote linguistique, car si cette fois l'abondante moisson photographique peut pallier au defaut des donnees humaines, il n'en sera pas de meme la prochaine fois, et il s'en faut de beaucoup. Au moins le soulagement est-il satisfaisant cette fois, de n'avoir pas succombe aux decouragements successifs face aux asperites du reel. A present, je sais que ce n'etait pas une lubie et que je peux cheminer surement dans cette voie sans crainte d'en etre degoute trop rapidement. Je sais ce qui m'attire et ce que je n'aime pas ici. J'ai abandonne tout romantisme mais ces images de la Chine eternelle, memes eteintes, n'en finissent pas de bruler a chaque fois que je chausse mon appareil. Tant mieux.
Puisse le manege des illusions perdues tourner ainsi encore longtemps.




Délire d'initié



Final destination of this journey : the North Korean border.

Me voila au bout de la ligne. Impossible d'aller plus loin. Au dela des vertes plaines parsemees de montagnes et delimitees a l''horizon par les cretes du massif du Changbaishan, s'etendent les plaines et plateaux de la Coree du Nord, le Chaoxian.
Tout commence par une matinee comme les autres, a bord de l'express Changchun-Tumen qui relient les deux extremites de la province du Jilin en l'espace de 10 heures. vers six heures du matin, le lourd convoi militaro-civil s'arrete en gare de Tumen pour quelques instants. Sur une intuition romantique ( la derniere de ce voyage), j'ai souhaite terminer mon premier contact avec la region du Dongbei (nord-est de la Chine) en terminant la ou commence le dernier film de Lou Ye Yihe Yuan. J'ai voulu voir cette prefecture autonome des Coreens de Yanbian. J'atterri dans une petite ville perdue de province, ou le temps semble s'etre arrete. Il est tot, les rues entieres sont desertes. Les deventures des karaokes et bars qui bordent chaque cote de la rue, et crient au passant la detresse et le desoeuvrement des populations locales que tout eloigne des divertissements de la capitale Changchun, sont clos depuis peu.
Tot dans l'apres midi, les visages apparaissent dans les rues. Ils sont differents de ceux de la Chine que je connais. Le facies coreen apparait dans les traits de ceux qui me devisagent. Sur les levres des gens, je n'entends plus murmurer "ni shi laowai ma ?" mais "noneun hanguk saram ichimnika " ? Sur les devantures des restaurants, des principaux services et meme du bureau du BSP, l'alphabet hangul l'emporte en preseance. Nous sommes aux portes du monde Coreen.





Plus tard, dans le petit bus qui avance sur la route chaotique longeant le Tumenjiang, les villages rues apparaissent, dans un etrange melange d'architecture melo-moderne et nostalgique du temps passe. Des toitures de chaumes sur des armatures en beton armee.... des murs de briques abritees par des taules ondulees d'usines... deux signes qui sonnent comme une evidence la pesanteur culturelle de l'histoire : la Revolution culturelle est passee par la, mais les Coreens de Yanbian sont restes un peuple de la terre, foncierement oppose par attachement au confucianisme aux activites commerciales et attaches a l'agriculture... dans sa version collectiviste....

A Kaishanfun, a 46 km au sud, tout semble paisible. Un petit village traditionnel que l'on croirait tout droit sorti d'une carte postale...
Sur les berges et le long du lit majeur du fleuve, les fermiers des environs ont entrepris la culture de courges et de cereales dont on attend beaucoup. Des enfants qui rejoignent les parents aux champs, et les aident a porter l'eau et les outils vers le foyer, de l'autre cote de la cloture.

Et soudain, en face, sur l'autre rive, retentit le son strident des sifflets et les aboiements des chiens. Les paysans de la rive levent le nez et se hatent de ranger leur outils pour disparaitre. Un train fait irruption des bois de la foret en face. Accroche a la locomotive a vapeur, une demi douzaine d'hommes en uniformes fusil au poing, a l'ombre d'un des drapeaux les moins connus au monde : deux bandes bleu-blanc-rouges sertissant une unique etoile rouge sur fond circulaire blanc. Le train s'arrete brusquement devant un bunker a l'extremite du pont reliant les deux rives. La releve de la garde frontaliere nord-coreenne se produit sous mes yeux.



Et ce n'est qu'alors que je me rappelle et me souviens des signes indubitables de l'existence de la frontiere... malgre le cadre idyllique et champetres, je me rappelle avoir croise tant de ces panneaux fleches de rouges et portant avertissement en chinois et coreen. Je comprends a posteriori le regard meduse des locaux et des militaires chinois qui m'ont vu debarquer du bus au milieu des champs et marcher appareil au poing en direction des berges.





Surtout, je me rappelle de ce matin, lorsque, a peine mes affaires posees a l'hotel, j'ai courru vers le Gongyuan longeant le Tumenjiang et je suis tombe face a une plaque scellant l'amitie des deux pays. Non ce n'etait pas un simple jumelage de forme. Les echanges ont bien lieu. Du pont de l'amitie qui franchit les deux berges au droit de Tumen Sud, partent des convois de paysans chinois qui vont vendre aux nord coreens leurs surplus agricoles et industriels. Il existe bien des echanges, unilateraux et sous haute surveillance, mais la frontiere est, icic aussi vivante. Sans prejuger du malheureux sort des Nord Coreens, je me contente de rapporter dun bonheur egoiste et une experience toute personnelle... je n'ai jamais voulu faire de politique dans ces lignes, et ne vais surtout pas commencer en terrain aussi mine... je sais seulement que je suis heureux que ces quelques emotions fortes viennent clorent ce deuxieme parcours en Chine et m'aient redonne l'envie d'ecrire et de marcher l'appareil en main.





jeudi 24 juillet 2008

Ma vie en l'air


Ce sont peut etre les dernieres lignes que j'ecris depuis la Chine.

Dans moins de vingt quatre heures je longerai la frontiere nord coreenne et arpenterai les etendues vallonees du Yanbian Chaoxian... mais je ne sais pas si j'en ramenerai des photos. La nuit derniere, un chauffeur de taxi m'est rentre dedans ... rien de grave sinon un cheville un peu douloureuse. Cependant, passer la nuit au poste de police a me faire examiner et a essayer d'expliquer ce qui etait arrive m'a plonge dans des affres d'angoisse personnelles durablement. Depuis, je n'arrive plus a dormir....quelque chose s'est brise cette nuit.
Je ne saurai dire pourquoi mais je n'ai plus trop envie de prendre de photo. Je marche sans rien au poing desormais et j'avoue ne plus tres bien savoir ou je vais. Peut etre est-ce parce que c'est la deuxieme fois cette annee que je vois la mort de pres... peut etre est-ce parce que je suis nerveusement epuise... Peut-etre ai-je place la barre trop haut pour ce premier terrain ou tout simplement ne suis-je pas fait pour ca... Peut etre est-ce parce qu'Elle me manque terriblement et que je suis plus faible que je ne l'etais par le passe...
La responsabilite commence avec l'imagination... mes cauchemards sont sans doute le prix a payer pour mes errances mentales mais j'avoue que je prefere que ces desagrements reglent leur compte dans mon subconscient plutot quee dans la realite.

.... Pour la premiere fois depuis bien longtemps, j'ose ecrire que je veux rentrer au pays.








J'illustre ces lignes avec les dernieres photos prises lorsque je me promenais insouciant dans les rues de Jilin et ailleurs. Je suppose que mon bapteme de terrain aura ete profitable mais j'ai besoin de me reposer. Il semble que 2008 soit l'annee de tous les tremblements de terre pour ceux qui vivent sur le sol chinois...

mardi 22 juillet 2008

A Haerbin, plus y'a de lanternes, plus tu douilles



Resolument, il se passe quelque chose avec les lanternes a Harbin.

La ville tire sa renommee de son festival annuel des lanternes de glace qui se deroule de decembre a fin fevrier. Au cours de ces mois les plus frais de l'annee, le Songhuajiang se change en jardin patinoire feerique ou les plus intrepides plongent dans des trous fores a travers l'epaisse couche de glace. Les artistes de la ville sculptent alors dans les blocs de glace des repliques de monuments et statues du monde entier puis les eclairent de l'interieur au moyen de petites bougies ou de neons. La nuit venue, la ville se transforme en pays surrealiste.


Autre specialite et specificite d'Harbin, les lanternes rouges accrochees au pavillon des restaurants. Plus leur nombre est eleve, plus la cuisine qu'on peut y consommer est renommee (et donc couteuse !)... partout dans la vieille ville, les restaurant le long de Zhongdajie rivalisent en lanternes suspendues a leurs portes dans un spectacle de surenchere parfume.


Hier soir, en arpentant les quais pres du monument commemoratif de la victoire sur les crues, j'ai vu decoller des mongolfieres portant les voeux de dizaines de personnes. Quand l'ete vient, quelques stand le long des rives font partir le soir des ballons de papier au moyen d'une armature metallique qui contient un coton imbibe d'alcool. L'armature est recouverte d'un papier de riz rouge sur laquelle les impetrants inscrivent leurs voeux ou consignent leurs pensees. Les lanternes ballons s'envolent dans la nuit et se perdent de l'autre cote du fleuve, a proximite des portes du parc du Tigre de Siberie.






One of these Lantern-baloons is for You and I, my little orange Girl.

I'm resting in CHangchun for a day... a small step toward the Yanbian Chaoxian right at the border with Russia and North Korea. Final destination : Tumen.