Final destination of this journey : the North Korean border.
Me voila au bout de la ligne. Impossible d'aller plus loin. Au dela des vertes plaines parsemees de montagnes et delimitees a l''horizon par les cretes du massif du Changbaishan, s'etendent les plaines et plateaux de la Coree du Nord, le Chaoxian.
Plus tard, dans le petit bus qui avance sur la route chaotique longeant le Tumenjiang, les villages rues apparaissent, dans un etrange melange d'architecture melo-moderne et nostalgique du temps passe. Des toitures de chaumes sur des armatures en beton armee.... des murs de briques abritees par des taules ondulees d'usines... deux signes qui sonnent comme une evidence la pesanteur culturelle de l'histoire : la Revolution culturelle est passee par la, mais les Coreens de Yanbian sont restes un peuple de la terre, foncierement oppose par attachement au confucianisme aux activites commerciales et attaches a l'agriculture... dans sa version collectiviste....
A Kaishanfun, a 46 km au sud, tout semble paisible. Un petit village traditionnel que l'on croirait tout droit sorti d'une carte postale... Sur les berges et le long du lit majeur du fleuve, les fermiers des environs ont entrepris la culture de courges et de cereales dont on attend beaucoup. Des enfants qui rejoignent les parents aux champs, et les aident a porter l'eau et les outils vers le foyer, de l'autre cote de la cloture.
Et ce n'est qu'alors que je me rappelle et me souviens des signes indubitables de l'existence de la frontiere... malgre le cadre idyllique et champetres, je me rappelle avoir croise tant de ces panneaux fleches de rouges et portant avertissement en chinois et coreen. Je comprends a posteriori le regard meduse des locaux et des militaires chinois qui m'ont vu debarquer du bus au milieu des champs et marcher appareil au poing en direction des berges.
Surtout, je me rappelle de ce matin, lorsque, a peine mes affaires posees a l'hotel, j'ai courru vers le Gongyuan longeant le Tumenjiang et je suis tombe face a une plaque scellant l'amitie des deux pays. Non ce n'etait pas un simple jumelage de forme. Les echanges ont bien lieu. Du pont de l'amitie qui franchit les deux berges au droit de Tumen Sud, partent des convois de paysans chinois qui vont vendre aux nord coreens leurs surplus agricoles et industriels. Il existe bien des echanges, unilateraux et sous haute surveillance, mais la frontiere est, icic aussi vivante. Sans prejuger du malheureux sort des Nord Coreens, je me contente de rapporter dun bonheur egoiste et une experience toute personnelle... je n'ai jamais voulu faire de politique dans ces lignes, et ne vais surtout pas commencer en terrain aussi mine... je sais seulement que je suis heureux que ces quelques emotions fortes viennent clorent ce deuxieme parcours en Chine et m'aient redonne l'envie d'ecrire et de marcher l'appareil en main.
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