vendredi 25 juillet 2008

Puisse le manege des illusions perdues tourner encore longtemps

Le bilan de ce deuxieme sejour en Chine est ambigu aigre-doux. Je n'ai pas su adopter beaucoup de recul. Je n'ai pas su marchander ni m'adapter aussi rapidement que la premiere fois. Je suis reste prisonnier de beaucoup d'idees preconcues et surtout, j'ai eu trop peur de perdre ce que j'avais commencer de rever. Je n'ai plus mes idees romantiques pour lesquelles j'ai pose le pied pour la premiere fois en Chine il y a moins d'un an de cela. Mais je ne regrette rien. "Aussi longtemps que l'on a pas a faire des affaires ou a travailler avec les Chinois, l'Empire du milieu ne lasse personne". Mais devoir etre ici en mission et recolter des donnees qui supposaient un rapport souvent conflictuel et agonistique des relations humaines m'a traumatise nerveusement et j'ai souvent fait marche arriere sans me soucier des questions d'ego par peur de perdre mon terrain pour les demarches prochaines. Je reviens vaincu par la Chine.
Cependant, je ne regrette rien. La Chine est un paradis qui fera toujours rever, ou je me sentirai toujours a l'aise ou content parce qu'elle est un reservoir inepuisable d'existences et de depaysement. Elle sera toujours une compagne que je rejoindrai avec agrement quand bien meme elle ne voudrait plus de moi car on peut se lasser des ames ou des consciences mais pas d'un tel bloc spirituel qui restera toujours l'incarnation d'un formidable inconnu.
Dans moins d'une semaine, je ferai de nouveau route vers la vieille Europe dont je ne croyais pas qu'elle me manquerait autant. Des kilos de livres et de journaux m'y attendent ainsi que ma culpabilite pour ne pas avoir suffisamment travaille mon Chinois avant de partir. Au moins les choses sont claires : les pistes de recherches sont inscrites desormais et il y a du pain sur la planche cote linguistique, car si cette fois l'abondante moisson photographique peut pallier au defaut des donnees humaines, il n'en sera pas de meme la prochaine fois, et il s'en faut de beaucoup. Au moins le soulagement est-il satisfaisant cette fois, de n'avoir pas succombe aux decouragements successifs face aux asperites du reel. A present, je sais que ce n'etait pas une lubie et que je peux cheminer surement dans cette voie sans crainte d'en etre degoute trop rapidement. Je sais ce qui m'attire et ce que je n'aime pas ici. J'ai abandonne tout romantisme mais ces images de la Chine eternelle, memes eteintes, n'en finissent pas de bruler a chaque fois que je chausse mon appareil. Tant mieux.
Puisse le manege des illusions perdues tourner ainsi encore longtemps.




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