


"Shin sekai" (シンセカイ) signifie "Nouveau monde" en Japonais. C'est le nom d'un quartier délabré et "délibarré" d'Osaka Sud. En son centre, une tour de 102 mètre de hauts érigée dans les années 1920, lorsque le Japon s'éveillait à la modernité et dont l'architecture aujourd'hui complètement surannée et kitscho-futuriste incarnait les promesses. Fleuron de du progrès technique et prophétie pour le Japon sortant de la féodalité, le quartier de shin sekai regroupait alors ce qui se faisait de mieux ce que l'on croyait savoir de l'avenir. Aujourd'hui, à errer dans ces ruelles abandonnée, on se prend à penser qu'un morceau du temps est resté prisonnier entre les mur de quelques pâtés de maisons. Une foule interlope et marginale demeure à traîner dans ruelles où s'accumule gargotes mêlant le style jamaïcain et la nourriture asiatisante, les patchinko d'un autre âge et les hôtels au couleur et décoration intérieure surgis des limbes du design. Une place d'une autre époque. Un lieu qui ne fait plus rêver que les touristes, les Japonais nostalgiques... et moi.A déambuler dans ces rues avec l'appareil au poing, j'ai repensé aux premières séries d'Araki (Satchin et son frère) et les images de ce Japon d'après la guerre. J'ai vu des scènes drôles et tristes qui sont les merveilles de la quotidianité nippone avant qu'elle ne perde son âme. J'ai croisé des trajectoires humaines qui me renvoyait à mes propres errances et je crois que j'ai enfin mis pied au Japon. Il fallait que ce fut dit. Il fallait en passer par le début avant de revenir sous les bruyantes arcades de la mode de Dotombori. Marcher dans ces rues m'a fait du bien : que l'univers que l'on vient trouver n'est pas au rendez vous après 13 heures d'avion, il est à jamais difficile de réprimer le sentiment que l'on a été floué. Le Japon m'a déçu il y a un an. Soyons honnête. Il a failli sortir de ma vie en peu de temps. J'y retourne dans un mois et demi et cette fois, je sais que je marche seul et avec mes propres attentes. Le nouveau monde existe aussi à l'Est...


1 commentaire:
Salut JK,
Excellent article, pour moi qui vais travailler sur le déclin urbain à Osaka ! Si je peux me permettre, tu as écrit non pas shinsekai, mais tsusosekai. Regarde bien le sens d'appui des traits longs qui supportent les "tenten" ou petits traits...
J'ai essayé de t'appeler il y a deux jours mais ton portable était fermé apparemment.
Bonne fin de semaine raccourcie !
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