vendredi 7 novembre 2008

Il ne s'est rien passé, ou si peu

octobre 2008,
Osaka, Kansai, Japan


It's been a very loooong time I didn't update this blog... I can't help but sending one more post since it's on it everything began... I guess everything is to end here also. I'm walkin' all by myself again. But I can't say tears are numerous. This time I chose. This time I could foresee which burden I was about to carry on my back. This time I spoke and the other one and I agreed on the same conclusions. May Buddha be praised.

Voilà presqu'un an que j'ai poussé avec curiosité la porte du Japon. Je croyais sincèrement n'y trouver que néons phosphorescents et loisir futuriste. J'y allais justement pour tenter d'y trouver des traces du passés, des souvenirs d'un Japon révolu, des indices d'une survivance kawabatienne.
Un an plus tard, je suis toujours là, prêt a partir pour entendre résonner les gongs du nouvel an. Cette fois ci, je n'ai plus de guide, et je crois que c'est mieux ainsi. A trop découvrir et voyager à travers des pays avec des gens pour nous épauler, on finit par en oublier ce que l'on aime. Il ne m'aura pas fallu moins de 3 séjours dans les îles pour comprendre que le Japon risquait de ne jamais m'appartenir si je continuais à me faire traîner par une main trop insouciante ou celle d'une mère d'adoption. Il y a certes de l'amertume dans ces mots, celle probablement d'une liaison discrète et intenable, celle d'une tentative sérieuse qui a échoué. Mais je m'aperçois avec soulagement que je regarde en arrière avec une nostalgie sans tristesse. Et le Japon est toujours là devant moi. J'ai fini par le trouver, par y trouver ma place aussi. Affirmer que c'était pour ces mêmes raisons que j'y suis allé et que je voulais un temps y rester serait un mensonge déloyal.

Une voix m'a récemment enseigné un peu de zen... Une autre me demandais "mais bon sang, comment différencier les projets qui sont l'essence même de la vie et ceux qui ne sont qu'une danse pour surtout ne rien changer ?" Je crois qu'à cette question j'ai enfin trouvé une réponse honnête : il suffit de se demander au fond, ce projet, c'est quoi ? Si la réponse que je formule commence par des digressions, des nuances, de guillemets et subtilités en tous genres, alors c'est qu'il ne doit pas m'appartenir tant que ça... Il est alors temps de tourner la page (sans forcément la déchirer) et de faire voile vers quelque chose de plus personnel. J'ai longtemps cru qu'il suffisait de personnaliser l'approche. Je sais aujourd'hui qu'il faut aussi prendre garde au contenu... Si le projet est solide mais construit sur des bases étrangères, il est périlleux et illusoire de s'imaginer qu'on pourra faire les aller-retour entre soi même et un autre soi qui serait de circonstances... Au fond, c'est peut être ça la difficulté réelle d'une relation à distance : l'énergie passée à combler le manque pour y mettre les formes, nous détourne souvent un peu trop du contenu.

Une séquence de ma vie s'achève : pendant longtemps j'ai seulement rêvé d'un vol dont j'ignorerai jusqu'au moment l'atterrissage, où il me mènerait. Pas nécessairement loin. Pas nécessairement pour toujours. Aujourd'hui j'aspire à un lieu précis et je voudrais que ce fût pour des raisons que j'aurai choisies, par des moyens que je me serai donné. La part du hasard et des accidents demeurerait la même... mais s'y ajouterait enfin, jusque dans l'amertume de mes défaites, le sentiment que j'ai vécu ce que j'ai traversé.

En route, enfant de Yam, la yourte est repartie.


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