
Je pars.
J'ai longtemps attendu ce moment. À présent qu'il est là, que je l'ai voulu, créé, précipité, j'ai peur. La chose est parfaitement normale à en croire ce qui l'ont déjà fait. Je voudrais les comprendre. Mais je sais qu'il faut savoir apprécier les moindres instants du présent qui se déroule. Avant de partir, c'est déjà être parti. Rien n'est plus vrai. Je crois que je fais, momentanément au moins, le choix d'une intensité d'expérience qui s'impose d'autant plus que je n'ai plus l'assurance de la jeunesse. Si j'avais encore attendu un mois, il n'est pas sûr que je serais parti. J'en suis même certain.
Vertige.
Je ne cesse de mesurer combien nous sommes peu de choses. Pas tant pour des raisons matérielles que parce que notre être tout entier résulte d'une série de hasards qui se sont déchaînés. Nous passons notre existence à rompre et danser dans le typhon. C'est bien ainsi.
Au fond, peu importe qu'une terre m'ait abandonné ou pas. Peu importe le visage de ceux que je ne connaîtrais jamais. Peu importe ce que je vais devenir. Je savoure chaque instant où j'entrevois la manière dont je le deviens.
Cela me fait penser que je fume trop. Il est bientôt temps d'arrêter. Je m'en voudrais de rater la fin.
1 commentaire:
Moi aussi je la sens sentir et même les pétards du 14 juillet et les assauts matinaux de la bête torve n'y peuvent rien changer. L'homme est-il chez lui dans l'Univers ? Langue au chat...
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